Mardi, le 21 août 1917

VignevilleConsolidation des positions acquises la veille. Sur la droite nous prenons Régnéville et continuons à progresser sur la cote 344. A la tombée de la nuit violente contre-attaque vite repoussée.

Lundi, le 20 août 1917

Juillet1917L’attaque doit être déclenchée à 4h40 aussi je quitte la position à 3h pour assister au spectacle. Je pars avec le « logis » observateur de la 10ème batterie et 2 téléphonistes. Les routes sont encombrées de cadavres de chevaux et de caissons abandonnés. Cette marche nous remet un peu de l’intoxication que nous avons éprouvé cette nuit par le bombardement d’obus à gaz. Mais nous le pensions trop tôt car nous passons par une zone qui avait été battue par les gaz quelques heures auparavant en sorte que nous éprouvons beaucoup de peine pour arriver à l’observatoire. Là-bas nous descendons dans une sape et allumons un feu pour chasser les gaz. Le bombardement se poursuit avec une intensité énorme. Voilà le petit jour aussi nous nous précipitons au créneau de l’observatoire mais notre désillusion est grande. La brune est épaisse et se mêle à la fumée produite par les explosions. Mais nos poilus ont dû certainement s’élancer à l’assaut des lignes adverses car des fumées boches montent de leurs lignes de tous côtés. On les voit sortir de la nappe de brume qui couvre le champ de bataille. A 9 heures celle-ci se lève. Nous apercevons déjà nos fantassins dans les boyaux qui se trouvent vers Bethincourt et concluons par-là que les objectifs ont été atteints en face de nous. Nous en recevons d’ailleurs confirmation dans la journée : la bataille s’étend du bois d’Avocourt jusqu’au Nord de Bezonvaux sur la rive droite de la Meuse. Nous nous sommes emparés dans la matinée des deux sommets du Mort-homme, le bois des Corbeaux. Le bois de Cumières et le village du même du nom. La nouvelle ligne franchit maintenant la Meuse au nord de Champ, elle enveloppe Champneuville, elle passe à la cote 344 qui est à 2 km à l’est de Samogneux à la ferme Mermont à la cote 240 au nord de Louvemont. Par contre la lutte a été particulièrement dure à la cote 304 où nous avons avancé que faiblement. Le chiffre des prisonniers fait dans la journée s’élève à 5000.

Dimanche, le 19 août 1917

Observateur1Depuis 2 jours le temps est heureusement au beau. Le bombardement a repris et de plus fort. Hier j’ai passé ma journée à l’observatoire à régler des tirs et contrôler des réglages par avion. Voilà déjà plusieurs nuits que nous sommes incommodés par les gaz. De nouveaux gaz d’un effet très nocif que les Boches nous envoient. Toute une pièce a dû être évacuée. Encore cette nuit nous ne fermons pas l’œil. Le jour J, le jour de l’attaque est demain aussi le bombardement marque un acharnement terrible ; mais les Boches doivent se douter du coup car ils nous balancent des gaz en quantité au point que nous nous trouvons assez gênés pour effectuer nos tirs pendant la nuit.

Mardi, le 14 août 1917

Observateur2Le bombardement se poursuit mais avec intermittence. Le martèlement des lignes ennemies ne marque pas l’intensité de celui de la Somme l’année dernière. Notre confrère Bouchier est monté ce matin à la position et reprend la 2ème pièce, que j’avais commandé par intérim en son absence. Pour ma part je prends les fonctions de Maréchal des logis observateur en remplacement d’Escorne dont nous n’avons pas de nouvelle.

Lundi, le 13 août 1917

Canon155c8Après un réglage le matin nous tirons 200 coups par pièce sur des objectifs différents. Le temps nous est malheureusement plus défavorable que jamais. Il pleut pendant tout le tir et en outre les Boches nous répondent sérieusement. Ils envoient à intervalles irréguliers des salves de 5 à 10 coups qui nous dérangent beaucoup dans nos tirs car ils tombent à proximité de nos pièces. L’artillerie de tout le secteur marque une animosité peu ordinaire aussi on reconnait qu’on se trouve dans une période précédant une offensive.

Les derniers jours les Allemands ont été favorisés par un temps exceptionnellement mauvais pour cette époque de l’année, un véritable déluge qui a transformé le terrain en bourbier rendant les opérations impossibles. Mais « le sort, a dit Victor Hugo, a toujours son flux et son reflux »* et le reflux, pour nous espérons-le, sera le soleil qui semble vouloir réapparaitre !

Notre camarade Escorne a été blessé aujourd’hui par un éclat d’obus dans les reins en allant à l’observatoire. Nous espérons que cette blessure n’aura pas de suites graves pour lui. Il est immédiatement évacué.

*Ruy Blas Acte I scène III

Du 4 août 1917 au 12 août

pluieRien de remarquable à signaler sauf que la pluie tombe continuellement. Voilà dix jours qu’il pleut. C’est à peine s’il fait beau pendant quelques heures.

Le 3 Août 1917, vendredi

Canon155Je monte à la position définitivement par le ravitaillement le matin ayant reçu l’ordre la veille. Je prends provisoirement le commandement de la 2ème pièce. Nous sommes actuellement 5 sous-offs à la position. Le temps persiste à rester très mauvais.

1er Août 1917, Mercredi

RavitaillementObus1Voilà plus de 3 semaines que je suis à l’échelon où j’ai commencé à prendre du service. Le temps à virer à la pluie après une période de chaleur peu ordinaire.

Dimanche le 8 juillet 1917

VignevilleA une heure seulement je trouve après de longs détours ma batterie à proximité de Blercourt sur la route de Ste Ménéhould à Verdun. Arrivé de la veille l’échelon a trouvé des baraquements tout fait. Les servants sont montés ce matin à la position de batterie pour préparer l’emplacement qui se trouve en face de Mort-homme à Vignéville. Temps détestable.

Samedi 7 juillet 1917

wagonVoyage pénible par temps chaud. Reviens à Revigny après minuit et rencontre là-bas mon ami Bouchier.

12345...44

CARNETS DE GUERRE

Carnet

Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

Mois après mois

PAGE FACEBOOK

ARCHIVES EUROPEENNES

Europeana

Page consacrée à Jean-Paul Hédrich sur le site européen des archives de la guerre de 14-18
http://europeana1914-1918.eu/fr/contributions/14458

JPHM200814

Jean-Paul à Mulhouse en août 14

JPHsept14

Jean-Paul à Lyon en septembre 1914

JPH_Grenoble

Jean-Paul à Grenoble mars 1915

JPH118

Jean-Paul à la Rochelle février 1916


Tradern mum |
Quideroulelefil |
Geneamoi |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Happylife59
| Comparatif orthodontistes à...
| Tribulationsdunemamanquidec...