Vendredi, le 7 août.

Altkirch

Troupe bavaroise à Altkirch le 7 août 1914

Après une nuit tranquille, je me lève à 8heures seulement et me met un peu à lire. A 10 heures je vais à l’école chercher mon certificat de maturité qui m’est remis seulement à midi. L’après-midi mon ami Fritz Ruent vient me photographier et ensuite nous montons au Rebberg où nous voyons avec les jumelles des mouvements de troupes vers Morschwiller. Peu de temps après nous entendons le canon au-delà d’Altkirch et percevons bien la fumée blanche à différents points. Nous rentrons en ville sans être arrêté par les sentinelles, celles-ci étant parties. Nous apprenons que la Kreisdirektion, la Reichsbank, et la Poste se vident peu à peu. Papa me fait également part qu’il m’a engagé dans la Croix rouge pour l’aider à soigner les blessés. J’arbore donc le brassard, ainsi que mon père et Charles. En attendant le canon tonne sans discontinuer. Tous les magasins sont fermés en ville, plus d’agent en uniforme. Il y a une garde civique. Après le souper nous allons en ville jusqu’à la gare ; celle-ci est tout à fait délaissée. Tout est l’obscurité, ni wagon, ni locomotive, plus d’employs. On nous dit au buffet de la gare que les officiers revenant de Gottertal ont assuré qu’ils ont laissé plus de 500 morts sur le champs de bataille. Devant la gare nous assistons au départ d’une compagnie d’infanterie qui semble aller vers Müllheim. A notre retour à la maison ; Mr Mr Fünfrock vient chercher Papa pour voir si il ya déjà des blessés rue Magenta. Car Papa a aussi pris ce monsieur comme assistant et s’est chargé de deux hopitaux de rigueur rue Magenta et rue de Habsheim chez des sœurs ainsi que du service de l’orphelinat à Dornach avec Mr le Dr Rieber. Charles et moi accompagnons Papa et arrivons rue Magenta. On nous dit qu’il n’y avait pas encore de blessé. Au retour nous voyons un grand attroupement au fossé. Maman et France nous racontent qu’un régiment revenant de Gotterstal (Valdieu) vient de passer, que les soldats demandaient du pain et qu’on leur distribuait ce qu’on avait. Ils semblaient fatigués, mais leurs physionomies étaient plutôt gaies. Des canons sont parait-il aussi passés chaussée de Dornach avec un autre régiment. Beaucoup de blessés doivent être au Lazaret et au Hasenrain ?

A 11 heures le tocsin sonne, Charles et moi courront vers la Densch où le ciel semble être en feu. C’est toutefois la manutention militaire des chasseurs qui est en flammes et qui a sans doute été incendiée avec intention par les soldats. Toutes les provisions ont brûlé et les bâtiments aussi. Nous nous couchons à 0 h.

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Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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