Samedi, le 22 Août 1914

Bicyclette

Bicyclette 1914

Je me lève à 7h1/4 après une bonne nuit. Après le déjeuner je travaille à ma bicyclette et range ensuite un tiroir. A 9 heures je vais à l’Orphelinat de Dornach où je trouve déjà Papa. Charles, Edouard. Papa extrait une balle de la cuisse d’un soldat allemand. Nous soignons encore quelques autres blessés. Ils ne sont plus nombreux. Les français les ont tous emmenés en France. A 10 heures mes amis Georges et Fritz viennent me chercher. Nous allons ensemble à Modenheim à bicyclette. Après avoir passé sans trop de difficultés les sentinelles nous arrivons chez les Van der Mühl. Devant la maison je revois passer le sous-lieutenant qui voulait me faire fusiller à Hallheim. La propriété des Von der Mühl est pleine de soldats. Robert et Roland me raconte qu’ils ont eu aussi leur part il y a 15 jours. Plusieurs de leurs vitres sont cassées. A 11 heures ¼ nous reparlons. Arrivés en ville nous nous promenons encore un peu. A midi juste nous observons les pendules et horloges. L’heure de Paris a été introduite ici l’ordre du général en chef du 7ème corps d’armée Vautier. Nous rajeunissons par conséquent tous d’une heure. Malgré ce changement d’heure nous dînons comme d’habitude à midi, heure allemande. Après le dîner je continue à mettre mes tiroirs en ordre. A 2 heures (heure française) Kueny vient chercher. Nous avant l’intention d’aller à Altkirch. En passant nous cherchons Georges à Bicyclette. Nous roulons très lentement à cause de la boue. Devant Illfurt nous arrivons au premier poste qui nous arrête. Après avoir longtemps parlementé, le sous-lieutenant nous laisse passer malgré que nous n’ayons pas de papiers de légitimation. Plus loin nous passons à côté d’un capitaine qui dort au pied d’un arbre. Devant la mairie d’Illfurt nous sommes cependant arrêtés par un sous-lieutenant qui nous dit après explication faite : « Faites demi-tour !». Au retour nous sommes arrêtés par le capitaine qui s’est réveillé entre temps. Il nous pose quelques questions et nous dit de rentrer à Mulhouse. Avant Brunstadt on voit plusieurs vêtements de soldats français au bord de la route qui sont morts mercredi dernier. A 4h nous sommes de retour. Après le goûter je ressors à 5h avec Kueny en ville.

Mulhouse2208Jusqu’à ce soir les français ont emmenés environ 150 allemands civils.

Défense est faite de porter des brassards de la Croix-Rouge et d’arborer le drapeau sur les établissements hospitaliers sauf quatre ou cinq. On a enlevé le drapeau aux sœurs de la rue de Habskeim et à celles de la rue Magenta. Les gens sont désœuvrés et se promènent en ville. J’apprends que les français ont commencé le bombardement d’Istein avec une énorme pièce de siège tirée par 24 chevaux. Le Japon aurait déclaré la guerre à l’Allemagne. Un soldat me certifie que les Allemands ont eu 2000 morts à Liège il y a 15 jours.

0 commentaire à “Samedi, le 22 Août 1914”


  1. Aucun commentaire

Laisser un commentaire


CARNETS DE GUERRE

Carnet

Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

Mois après mois

PAGE FACEBOOK

ARCHIVES EUROPEENNES

Europeana

Page consacrée à Jean-Paul Hédrich sur le site européen des archives de la guerre de 14-18
http://europeana1914-1918.eu/fr/contributions/14458

JPHM200814

Jean-Paul à Mulhouse en août 14

JPHsept14

Jean-Paul à Lyon en septembre 1914

JPH_Grenoble

Jean-Paul à Grenoble mars 1915

JPH118

Jean-Paul à la Rochelle février 1916


Tradern mum |
Quideroulelefil |
Geneamoi |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Happylife59
| Comparatif orthodontistes à...
| Tribulationsdunemamanquidec...