Les 6 et 7 octobre 1914

Mardi, le 6 octobre 1914

Petrole

Dépôt de pétrole à Lyon

Jusqu’à 9h1/2 nous nous astiquons et nous nous préparons pour prendre la garde du « Pétrole » au quai Perrache, une réserve de 83 000 litres d’essence. A 10 heures ½ nous partons en manteau quatre par quatre, sabre au clair. Par précaution nous avions pris tous une couverture. La garde se compose du maréchal des logis, d’un brigadier et de 24 hommes qui montent par 6 successivement 2 heures de garde. Une sentinelle a également la mission d’arrêter toutes les autos qui passent pour leur demander leur passeport car il parait qu’il y a des espions allemands qui se promènent en auto en uniforme d’officier français. Je monte la garde de 13h à 15h étant de la seconde escouade de 6 hommes. J’ai la consigne de ne laisser fumer personne. La garde est plutôt monotone. A 15 heures je suis relevé. De 5h à 6h je prends le poste d’arrêter les autos. On nous apporte ensuite la soupe qui se compose d’un bon rata. De 21h à 23h je reprends la garde sabre au clair et revolver chargé. Je n’ai pas souvent l’occasion de crier « Halte-là qui vive ! » « Avancez au ralliement ». Notre mot de ralliement est « Londres ». Vers minuit je me couche sur le quai du Rhône. Toutefois je n’y reste qu’une heure à cause d’une bise très froide. Malgré moi je vais me coucher dans la paille au poste qui est infesté de l’odeur de pétrole. Je dors pas mal. De 5 à 7 h je reprends la garde.

 

Mercredi, le 7 octobre

Malgré une forte bise le temps passe vite. Je suis bien content lorsqu’on vient me relever à 7 heures. Je prends un bon café au lait avec Edouard dans un restaurent à proximité. Nous avons décidément un charmant maréchal des logis, le brigadier Espinouse est également bon pour nous. Nous nous amusons tous bien. Le journal annonce malheureusement la glorieuse mort du fameux coureur athlète Jean Bouin. A 10h1/2 des servants viennent nous relever. Nous nous mettons tous en route et traversons le Rhône en bac pour rentrer au quartier. A midi nous prenons notre soupe et avons repos jusqu’à 3 heures. Nous montons ensuite à cheval et faisons du trot enlevé jusqu’à 5h1/4 sur la piste. J’ai un cheval qui marche très bien. Le soir à 7h nous sommes invités chez Mr Undenstock à la brasserie Georges. Nous dînons également avec son fils qui est maréchal des logis au 13ème régiment du génie. On nous sert du poisson sautés et artichauts. Après le café nous nous absentons et retournons au quartier.

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Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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