Du 8 au 13 octobre 1914

Jeudi, le 8 octobre 1914

Doua

Camp de Doua

Il fait de plus en plus froid, d’autant plus que plusieurs carreaux sont cassés dans notre piaule. Comme d’habitude nous faisons le matin de la manœuvre à pieds et d’artillerie. L’après-dîner nous allons faire des exercices de tir au mousqueton au grand camp à Doua situé 8 kilomètres de la Vitriolerie. La marche va très bien. Nous traversons toute la ville car le camp est au-delà du Parc. Après une heure d’attente vient notre tour. Je vais d’abord avec 7 camarades aux cibles pour faire fonction de marqueurs. Les cibles sont à une distance de 200 mètres des tireurs. C’est très amusant dans ces tranchés. Ça vous fait un drôle d’impression d’entendre siffler les balles de près et de recevoir des cailloux et du sable sur soi. Une trompette nous donne le signal de la fin du tir. Nous tirons ensuite 6 cartouches. J’avoue que le recul est fort et que pour commencer mes exploits n’étaient pas brillants. Le bruit vous abasourdi également. A 5 heures nous rentrons par un autre chemin qui est encore plus long. Nous sommes tous très gais et chantons de bon cœur. Nous ne sommes au quartier qu’à 6h1/2 de sorte que peu d’entre nous ne sortent. Moi je reste et me couche de suite après le boulot.

 

Vendredi, le 9 octobre 1914

La bataille de l’Aisne se poursuit toujours. C’est le 2éme jour de cette bataille unique au monde. Les Allemands sont peu à peu chassés vers le Nord. Le matin, il règne un brouillard intense et le froid nous saisit les membres. Pour nous réchauffer nous faisons de la manœuvre à pied au pas de gymnastique. Ensuite nous faisons un peu de topographie et de la manœuvre d’artillerie. Après avoir épluché les patates et pris la soupe nous avons un repos jusqu’à 2h, ensuite un cours de d’hippologie. A « h nous montons à cheval. Nous sommes de piquet le soir

 

Samedi, le 10 octobre 1914

Le matin se passe comme d’habitude. Je demande à passer le BAM, ainsi que le font 25 types de la piaule. L’après-midi nous faisons du cheval sur la piste. Le soir nous sommes invités chez tante Jeanne. Oncle Paul et tante Emma y sont également. Tante Jeanne nous offre de bonnes ceintures de flanelle. Anvers est prise par les Allemands. Les Français sont devant Metz.

 

Dimanche, le 11 octobre 1914

D’après le « Nouvelliste » il y a eu un combat important à Cernay. Le matin nous faisons de la manœuvre de la manœuvre d’artillerie et à pied. Nous jouons aussi au bar pour nous réchauffer. L’après-midi nous devons être de corvée d’abreuvoir, seulement nous nous débinons et allons à l’exposition. Nous voyons des choses très intéressantes telles que le musée des différents moyens de locomotion depuis le 18ème siècle ainsi que les meubles de Napoléon 1er etc… Vers 4 h nous prenons le tram, Edouard et moi, et allons en ville. Près du pont de la Guillotière nous prenons une bonne douche jaune à 3 sous. Nous nous promenons ensuite en ville. A 6h1/2 je vais souper au bouillon Giraud à 2 fr avec Tourtelier et un autre copain. C’est très bon.

 

Lundi, le 12 octobre 1914

Le matin se passe comme d’habitude. L’après-midi nous faisons pendant 2 heures du cheval sur la piste. Le soir nous sommes de piquet.

 

Mardi, le 13 octobre 1914

Jusqu’à 9 heures nous nous astiquons en vue d’un examen que nous allons passer (examen de fin de peloton, croyons non). Nous partons par peloton de 19. Le jury se compose du capitaine Petitcolas et du lieutenant Tisset. Nous faisons tous un peu de trot. Malgré mon mauvais cheval je ne marche pas mal. Après la soupe à 3h vient l’examen de manœuvre à pied. La moitié passe à tour de rôle pour commander. Finalement il ne reste plus que 9 candidats classés. Nous autres continuons le peloton avec notre maréchal des logis Bachecot. Le soir nous sommes invités au Tomassin. Auparavant nous allons faire prendre mesure, Charles et moi pour deux bonnes paires de brodequins à 27 fr chez un petit cordonnier près de chez oncle Paul. Notre souper est délicieux. En rentrant nous passons chez tante Emma. Elle a reçu une lettre de Maman en allemand par Bâle. Mulhouse est toujours allemande. Maman nous appelle par des noms de filles (Charlotte et Pauline) par mesure de précaution. Toute la famille reporte bien. Nous rentrons pour l’appel de 9 heures et nous nous couchons à 10 h.

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Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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