Dimanche soir, le 26 novembre 1916 – Lettre

Lettre19161130Chers Oncle et Tante,

Le paquet m’est arrivé ce soir en très bon état. Je vous remercie profondément pour son contenu qui m’a fait bien plaisir. Conserves, biscuits, thé et cacao, tout cela va améliorer l’ordinaire. Merci également pour les cigarettes et les lunettes !

Certains soir au coin du feu on a l’illusion d’être chez soi. Oui, maintenant que nous sommes bien installés, c’est curieux comme le confort le plus élémentaire vous fait oublier les souffrances de la journée ! Je vous écris près du feu en fumant ma pipe, tandis que dehors la pluie contenue à tomber sans pitié. Oui, dehors c’est la lutte ! Que d’ennemis à vaincre, à commencer par la boue, l’odieuse, l’implacable boue, la boue qui à chaque pas tend des pièges, la boue où on s’enlise ! Partout le champs de bataille offre un spectacle effarant de dévastation. Des trous d’obus se touchent et se prolongent indéfiniment. Quelle terre de désolation ! Mais ces trous béants sont dangereux car ils se sont peu à peu remplis d’eau pourrie. La nuit il suffit d’un faux pas pour qu’on y tombe et s’y enlise. Ajoutez à cela les violents tirs de barrage que les Boches commencent dès la tombée du jour. Même le matin dans le brouillard leurs canons tirent. De minute en minute, les marmites sifflent, grincent, hurlent ou miaulent suivant leur calibre.

Vous devez comprendre, chers Oncle et Tante, combien on est heureux quand on peut passer la soirée et la nuit dans notre home ! Ces moments de répit ne sont malheureusement que trop rares. Nos voitures roulent depuis six mois ici en Picardie sans relâche. Nous attendons toujours le repos ! J’ai été bien tourmenté d’apprendre par ta carte ce soir que tante Emma avait eu une crise d’appendicite. J’espère qu’il n’y aura pas besoin d’opération.

Bons souvenirs à toutes mes connaissances de Lyon et soyez vous-même affectueusement embrassés.

Jean-Paul

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Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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