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Archives pour la catégorie 3. Classes au 54ème d’artillerie (Lyon)



Mardi, le 15 septembre 1914

Dire que c’est aujourd’hui qu’on aurait dû rentrer à l’école si tout avait marché normalement. Nous nous ne doutions pas qu’on serait ici il y a six semaines.

Le « Nouvelliste »

1)      La retraite des armées allemandes se continue et est générale.

2)      On s’attend à la capitulation de l’armée autrichienne.

Le matin nous montons à cheval sur la piste. J’ai un autre cheval qui marche mieux quoi qu’il ru de temps à autre. Mais son trot est agréable.

L’après-midi le capitaine nous fait habiller à neuf. Nous touchons de nouveaux effets et aussi du linge. Toute l’après-midi se passe à essayer et à coudre des écussons.

Le soir je rentre au quartier et j’écris mon journal. Je me couche de bonne heure. Charles et Edouard étaient à l’exposition pour voir des canons allemands pris. Ensuite ils se font photographier.

Lundi, le 14 septembre 1914

Nouvelliste

Le Nouvelliste de Lyon

La manchette du « Nouvelliste* » dit :

1)      le général Joffre annonce au gouvernement la victoire française et la poursuite des armées allemandes en retraite.

2)      Notre offensive est complète en Lorraine où les Allemands reculent

3)      Les dépêches de Bâle annoncent des succès français en Alsace où Mulhouse est réoccupé.

4)      L’armée autrichienne est anéantie par les Russes qui repoussent les allemands et marchent vers Posen.

Le troisième article nous intéresse spécialement. Le journal dit que les forces françaises s’élevait à 25000 hommes. Le combat fut acharné car les allemands s’étaient retranchés. A 5h sous une pluie torrentielle les Français donnent l’assaut général à la ville. Le nombre de blessés et de mort dépasse cinq mille.

Le matin nous montons à cheval et faisons beaucoup de maniement de canon de 75.

Le soir nous sortons en ville. Charles et Edouard vont de leur côté. Je prends un bock à la Paix avec oncle Georges. Le soir je me promène en ville. Les nouvelles sont bonnes. Le mouvement de retraite des Allemands est général. Au nord de l’Aisne entre Compiègne et Soisson, en arrière de Reins, dans l’Argonne et dans les Vosges partout les allemands ont dû abandonner leurs retranchements. Je vais prendre un sandwich dans un automate rue de la République.

 

*Le « Nouvelliste » : Journal politique quotidien publié du 15 mai 1879 au 27 août 1944. Le Nouvelliste, journal conservateur à tendance monarchique, est proche des milieux catholiques et de l’Eglise. Ses articles font autorité ; il est notamment réputé pour la rapidité et la sûreté de ses informations. Il exerça une réelle influence sur la bourgeoisie lyonnaise. (NDLR)

Dimanche, le 13 septembre 1914

Mtverdun

Fort Mont-Verdun

Le matin nous faisons un peu de cheval.

J’oubliai de dire que Charles s’est légèrement blessé à la main gauche. A 11 heures nous nous préparons, Charles et moi, pour partir avec le commandant Reyser qui nous a invités pour le dîner. Mr Reyser est un ami d’oncle Paul que j’avais déjà vu il y a un an à Lyon. A 11h1/2 il vient lui-même nous chercher en auto avec son chauffeur et un lieutenant. Mr Reyser obtient une permission de sortie pour nous par le commandant de quartier Mr Duringer, un de ses bons amis. Nous partons donc en auto plus ou moins serrés. Nous passons la ville de Lyon en vitesse et nous nous dirigeons vers le fort Mont-Verdun. Dans un restaurant du village Champagne, Mr Reyser nous offre un dîner délicieux. Il invite aussi son chauffeur, Mr Larget commerçant qui fait se service pendant la guerre. Nous passons une heure très agréable en sa compagnie. Nous parlons beaucoup, Mr Reyser nous confirme les nouvelles des journaux qui nous disent que tout marche bien. Les Russes ont eu une grande victoire sur les Autriches à Lemberg. Ils avancent toujours vers Berlin. Après le café Mr Reyser qui est commandant de tout un secteur de forts nous fait voir le fort. Nous voyons plusieurs batteries, ainsi que de gros canons qui paraissent assez vieux. De nombreux ouvriers travaillent aux fortifications. Nous allons ensuite voir une batterie complètement cachée dans les champs. La sentinelle, très consciencieuse demande le mot de ralliement au commandant plusieurs fois il dit « halte-là » malgré qu’il est reconnu son commandant. Il cède seulement sur l’insistance de son supérieur. La batterie est merveilleusement comprise. Nous voyons plusieurs gros canons. Vers 4h ½ nous rentrons en ville pour nous diriger vers Bron et aller voir l’oncle Paul. Nous faisons une bonne vitesse. Au fort de Bron oncle Paul repart avec nous pour montrer une de ses batteries à Mr Reyser. Après avoir roulé pendant 10 minutes en auto nous arrivons à la batterie. La sentinelle est peu dégourdi et interpelle oncle Paul : « mon capitaine ». Oncle Paul l’eng….le et le somme de lui faire une instruction supplémentaire. La batterie est épatante. Il y a des canons retranchés sur une longueur de 200 mètres. Nous retournons ensuite au fort où tante Emma et Suzanne nous attendent. J’oubliais de dire qu’oncle Paul nous raconte qu’un de ses lieutenants qui a encore une demie tête de plus que lui, est capable de monter 43 chevaux non dressés. Il parait qu’il a 600 m de renne en main. Au volte il arrive que son premier cheval est derrière lui. A la descente de cheval il faut le masser tant il est éprouvé. Vers 7 heures le commandant Reyser à l’obligeance de nous faire conduire vers Oullins, où nous sommes invités pour souper avec Edouard et Tourtelier. Nous passons de nouveau la ville en vitesse. Après la Mulatière nous voyons nos deux copains dans le tram d’Oullins tout en les dépassant. Nous remercions bien Mr Reyser de sons amabilité et descendons de voiture pour remonter dans le tram. Vers 7h1/2 nous arrivons à Oullins où on nous attend. Nous soupons très bien et rentrons à 9 heures.

Du 8 au 12 septembre 1914

Mardi, 8 septembre au samedi 12 septembre 1914

Les journées se passent toujours de même. On s’entraîne à monter à cheval sans étriers. Au commencement je suis blessé, mais bientôt cela va mieux. Nous sortons aussi sur la piste. J’ai le malheur d’avoir tous les jours un autre cheval. Nous soupons excessivement bien chez cousine Maria à la brasserie Tomassin. Nous faisons un souper super fin. De temps à autre on a mal au ventre. On nous fait aussi heureusement changer de chambre. Tout le second peloton à une chambre à lui. C’est mieux et plus gai. En ce qui concerne les batailles engagées on a de bonnes nouvelles. La grandes batailles de la Marne a duré du 6 au 12 septembre et a tourné à l’avantage des troupes alliées. Les allemands qui étaient à 100 km de Paris ont battu en retraite sur toute la ligne. Le « Nouvelliste » prétend que les Français sont de nouveau autour de Mulhouse.

Samedi soir, le 12 septembre, nous sommes invités chez oncle Paul et tante Emma. Nous rentrons à 9 heures.

du 5 au 7 septembre 1914

Samedi, le 5 septembre 1914

La matinée se passe comme d’habitude, je commence à bien monter à cheval. L’après-midi il y a une grande-revue. On s’astique. Le colonel me parle par hasard. Il me demande mon âge et les évènements de Mulhouse etc… Le soir nous allons à Oullins. Charles et moi faisons un bon dîner. Outre la famille il y a encore Mme Genet et Mme Barth. Le soir nous rentrons en tram avant 9 heures.

 

Dimanche, le 6 septembre 1914

Le matin on fait du pansage. L’après-midi nous faisons une longue visite à Edouard à l’infirmerie. Il va mieux. Nous commençons à écrire notre journal. Récapitulons les évènements depuis notre fuite. Le soir nous ne pouvons pas sortir étant de piquet. La cantine est en outre encore fermée. On s’arrange !

La grande bataille est engagée dans le nord. Il y a aussi une bataille de 4 jours à Lemberg. Les Russes ont complètement battus les Autrichiens.

 

Lundi, le 7 septembre 1914

Le matin on monte à cheval. Il n’y a rien de spécial aujourd’hui. Le soir nous sortons en ville.

jeudi 3 septembre et vendredi 4 septembre 1914

Jeudi, le 3 septembre 1914

La journée se passe comme d’habitude. Le matin nous faisons une visite à Edouard qui va un peu mieux. L’après-midi, le maréchal des logis Lardon nous fait part qu’on va former un second peloton. En attendant nous sommes au service de la batterie et ne faisons pas grand-chose. Charles est gardien d’écurie cette nuit. Moi je vais me coucher très tôt car je suis fatigué. La nuit n’est pas mauvaise.

 

Vendredi, le 4 septembre 1914

Comme d’habitude la journée se passe à faire du pansage etc… Après le dîner pris à la cantine, nous recevons une instruction intérieure par notre maréchal des logis, Mr Barbeco, du second peloton. A cinq heures je suis de garde d’écurie. Nous soupons là-bas. A 6 heures je vais me coucher pour prendre la garde de 2 à 5 heures. Nous sommes à neuf en tout, dont 3 prenant la garde de 8 à 11h, 3 de 11 à 2h et enfin 3 de 2 à 5h. Entre temps je dors plus ou moins bien dans la paille. A 2h il fait très frais, malgré le grand manteau pèlerine. Chaque 1/2heures je fais le tour de mes trois écuries où se trouvent environ 80 chevaux. Le temps se passe vite. Le matin nous faisons de nouveau exercices de marche etc. Le reste de la journée se passe comme d’habitude. Le soir nous sortons un peu en ville.

Mercredi, le 2 septembre 1914

On se lève de nouveau à 5 heures et allons vers 6 heures aux écuries. Edouard monte à cheval au manège. Moi je ne monte pas encore en défaut de cheval convenable. Nous apprenons le maniement du mousqueton ensuite. Comme dîner nous avons le même menu. L’après dîner on apprend à faire le pansage des chevaux. Le soir nous sortons sauf Edouard qui est à l’infirmerie ayant des maux d’estomac. Nous autres soupons bien dans un petit restaurant. Les nouvelles ne sont pas mauvaise malgré ça les allemands avancent sur Paris. Ils ont Bruxelles et Anvers. En général les soldats sont très pessimistes. Il s’agit de leur remonter le moral pour ma part le général Joffre leur tend un piège. A 9 heures nous sommes rentrés et dormons plus ou moins bien ayant toujours des puces et des punaises comme compagnons.

Mardi le 1er septembre 1914

Canonde75

Canon de 75

Nous nous levons sur le son de l’appel à 5 heures ? On s’habille en toute hâte pour être à l’appel à 5h1/2. Après avoir absorbé un quart de café nous descendons dans la cours du quartier. Nous faisons des exercices de marche et ensuite on nous montre le maniement du canon 75. Vers 11 heures nous prenons la soupe. Le réfectoire est une salle ayant beaucoup de ressemblance avec une écurie. C’est très mal éclairé. Nous sommes serrés comme des harengs. Chacun se sert de soupe. Le reste du menu comprend du bœuf bouilli et de fayots. A 1 heure on va aux écuries. Charles monte à cheval avec les autres types suivant le peloton. Après ça on fait boire les chevaux. Le soir nous sortons et allons souper chez tante Emma. Nous faisons un bon dîner. Vers neuf heures nous rentrons. Jusque là tout va assez bien. La chose que nous regrettons c’est de ne pas pouvoir donner de nos nouvelles à nos parents. Même s’il y avait une communication nous nous méfierons d’écrire car nos parents risqueraient d’être fusillés après avoir été dénoncés par des mouchards. Mais malgré ça nous pensons que nos parents doivent être contents de nous savoir partis en France, pendant que les autres jeunes gens qui sont restés à Mulhouse doivent partir avec les Allemands et risquent à chaque instant d’être employé comme chair à canon. Ah nos pauvres parents s’ils se doutaient que nous somme en sûreté !

Nous nous couchons à 9 heures. Je dors mieux cette nuit

Lundi le 31 août 1914

Exposition Lyon

Exposition Lyon 1914

Nous nous levons à 7 heures et déjeunons. Après le déjeuner je vais avec Edouard sur la rive gauche de la Saône tandis que Charles va se faire raser. Nous nous promenons ensuite par la ville jusqu’à la place Bellecourt là nous nous séparons. Tourtellier va à l’exposition où ils ont un stand. Schmerber se promène en ville jusqu’à 10 h, heure à laquelle nous lui donnons rendez-vous. Pendant ce temps, Charles et moi, allons par le pont de la Guillotière chez tante Emma. Nous nous réjouissons déjà maintenant de les revoir. Nous montons l’escalier et nous sonnons. Après un moment Suzanne nous ouvre ? En même temps arrive tante Emma et Pierre ! Quel étonnement ! De surprise elles ne peuvent pas parler ? On s’embrasse de tout cœur… leur joie est à son comble quand nous leur racontons que nous sommes engagés à Lyon. Poursuivre la lecture ‘Lundi le 31 août 1914′

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CARNETS DE GUERRE

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Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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