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Archives pour la catégorie 5. Campagne des Dardanelles

Jeudi, le 20 janvier 1916

wagonNous passons par Carcassonne, Toulouse, Montauban, Agen. Nous sommes dans un compartiment de 2ème à 8.

 

Mercredi 19 janvier 1916

Train_toulonOn se lève de bonne heure. Après avoir pris un bon jus à la cantoche, on va se débarbouiller. Nous apprenons que nous embarquons pour le Rochelle aussi les hommes et les chevaux sont vite prêts pour mener le matériel à la gare on travaille toute la journée. Nous passons par la rue principale de Toulon, boulevard de Strasbourg où se trouve un bâtiment superbe : le musée. La ville a de belles avenues mais nous ne pouvons pas la visiter faute de temps.

A la tombée de la nuit tout est embarqué et on forme le train pour partir à 6h.

Pendant tout le trajet, le train marche à une allure désespérante. Nous passons la nuit par Marseille, Montpellier. A Béziers on fait halte pour nous distribuer nos repas froids et faire boire les chevaux…on a guère roupillé.

Mardi 18 janvier 1916 – Arrivée à Toulon

Burdigala3_Toulon

Le Burdigala à quai à Toulon

Nous longeons longtemps la côte, passons à proximité des chantiers de la Seyne pour entrer enfin dans le port. Au passage nous voyons les épaves du cuirassé « La Liberté ». Nous accostons à proximité du croiseur auxiliaire « La Lorraine » qui est fortement armé. Avant de pouvoir commencer le débarquement, le capitaine est obligé de s’informer de la place ou nous pouvons cantonner. A 3 h enfin nous débarquons nos chevaux et les bricoles au fur et à mesure.

A la tombée de la nuit, le débarquement est fini. Après avoir absorbé en vitesse la soupe à bord du Burdigala, nous nous acheminons vers notre cantonnement qui est à 3 km du port. En y allant mon cheval est tellement effrayé par le mouvement dans la rue qu’il manque de me foutre sous une voiture. L’animation est grande, aussi cela nous met tous de bonne humeur de nous revoir en France. Les piquets sont vite plantés. La chambre où nous couchons est spacieuse et nous piquons un bon roupillon sur la paille.

Lundi le 17 janvier 1916 – Escale à Ajaccio

BurdigalaMouillage

Le paquebot « Burdigala » au mouillage

Nous passons au large de la Sardaigne, nous en apercevons vaguement les côtes. Le temps est couvert et le froid se fait sentir. Le soir avant le coucher du soleil nous rentrons dans la baie d’Ajaccio. Nous y mouillons pour y laisser les prisonniers turcs et les permissionnaires corses. La ville est bien coquette toute entourée de montagnes au sommet desquels on aperçoit de la neige. Nous nous installons sur le pont, Edouard et moi, et contemplons l’effet curieux du port la nuit. Le temps est très doux. Vers 8h nous levons l’ancre pour faire enfin notre dernière étape.

Dimanche 16 janvier 1916 – Escale à Bizerte

BizerteLe matin nous laissons un phare sur notre droite et arrivons bientôt en vue de la côte tunisienne. A 9 h nous rentrons en rade de Bizerte, charmante petite ville qui nous fait une heureuse impression.

L’effet que font sur nous ces belles maisons neuves et les environs boisés tout verdoyants est indescriptible. Nos yeux n’ont plus l’habitude des charmes de la nature. Les belles avenues où grouillent des gens endimanchés, habillés à l’européenne, des officiers et des soldats dans leurs uniformes flambant neufs entremêlés aux indigènes vêtus de leurs robes blanches. Tout ceci nous parait étrange. Le temps est radieux.

Les officiers sortent en ville. Quant à nous il faut nous contenter d’acheter des gâteaux, oranges, cartes etc… aux marchands qui nous offrent leurs denrées dans de petites barques.

Dès le premier coup d’œil on se rend compte que Bizerte est une forte ville de garnison, par de nombreuses casernes que l’on aperçoit. De loin l’aspect de la ville est très propre.

A 2 h nous repartons après le retour des officiers à bord. Notre nouveau lieutenant Dumont a appris sa promotion au grade de capitaine. Nos autres officiers sont le Lt Galmich et le S/Lt Roy.

Nous continuons donc notre route vers le nord par une mer bien tranquille. La nuit se passe bien. Malheureusement je ne ferme pas l’œil étant démangé de partout. Il me tarde de pouvoir prendre un bon bain.

Samedi 15 janvier 1916

Burdigala6La mer est toujours aussi déchainée dans la matinée nous passons au nord de Malte. Nous distinguons bien à la jumelle que l’île est riche et fortement habitée. On voit des ruines sur les hauteurs. Nous pensons arriver bientôt à Bizerte où nous devons faire escale.

Vendredi 14 janvier 1916

Burdigala4La mer est houleuse mais pas aussi démontée que ces derniers jours. Le seul travail de la journée consiste au nettoyage des écuries, à l’abreuvoir. C’est plus facile que sur le Dumbéa. On fait boire les chevaux dans des seaux de toile qu’on se fait passer en faisant la chaîne. L’avoine et le foin se mettent dans des auges en bois qui sont fixées devant les chevaux. Dans l’après-midi la mer devient de plus en plus mauvaise. Les chevaux sont dans un état pitoyable. La nourriture est toujours très mauvaise. On nous désigne nos embarcations en cas de torpillage. 5 sous-marins sont, parait-il, signalés.

Jeudi 13 janvier 1916.

Burdigala2Réveil à 5 h du matin. Le quart de jus qu’on nous donne est exécrable. Dehors la mer est toute démontée. Le roulis est formidable. Les vagues se brisent contre les flancs du bateau et balaient littéralement le pont. La majeure partie des passagers ont le mal de mer. Pour ma part je me force à manger et passe toute la journée sur le pont quoique je sois exposé à des douches continuelles.

Dans la soirée nous quittons la mer Egée pour obliquer vers l’ouest. La mer est toujours aussi mauvaise. Je fais un bon repas et me couche de bonheur sans pouvoir m’endormir.

Le mercredi matin 12 janvier 1916 – Adieu à Lemnos

BurdigalaPlanC’est au tour du matériel. Nous logeons dans la salle à manger de 1ère classe. C’est pas mal. Mieux que sur le Dumbéa. Le Bourdigala peut atteindre 21 nœuds à la minute. C’est un ancien bateau boche qu’une compagnie transatlantique de Bordeaux a acheté. Il est très luxueux mais ruineux pour la Cie en raison de son énorme consommation de charbon. Les chevaux de la batterie sont mis dans les écuries improvisées dans l’entrepont. Les canons et une partie du matériel sont chargés à fond de cale. Nos voitures sont amarrées sur le pont et nous nous trouvons deux étages plus bas dans la salle à manger de 1ère classe. Les décors sont très luxueux. En raison des bancs tout autour de la salle et des tables on y est assez confortablement installés. Nous sommes malheureusement obligés d’installer nos pageot par terre aussi les ressorts font défaut. La nourriture n’est pas fameuse. Elle se compose exclusivement de singe et de fayots.

A 4 h du soir nous levons l’ancre. La mer s’annonce mauvaise dès le début. En quittant la baie de Moudros nous avons tous des figures rayonnantes… voyant enfin notre retour en France. Le rêve que nous faisons depuis 8 mois en voie d’exécution.  Nous disons « adieu » et non « au revoir » à cette maudite île de Lemnos, en particulier à la plage de Parthémontos ou nous avons passé une partie de notre séjour sur l’île. La première nuit je roupille comme un loir. Je me laisse aller dans les bras de Morphée pour me reposer de ces dernières nuits blanches.

Mardi 11 janvier 1916 – Embarquement sur le Burdigala

Burdigala1A 4h1/2 nous partons en colonne pour Moudros où nous arrivons à 8h. Les voitures et les chevaux sont vite mis sur des chalands et nous même nous montons sur un remorqueur qui accoste vers midi le paquebot Burdigala (à trois cheminées) qui doit nous emmener en France. Sur le passage nous voyons des quantités de vaisseaux de guerre qui font « charbon » ou qui sont au repos. Le bateau contient aussi une quantité de permissionnaires. Toute la nuit nous sommes occupés à l’embarquement. Je roupille à peine.

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CARNETS DE GUERRE

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Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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