Archives pour la catégorie 8. Offensive de la Somme



Samedi, le 21 octobre 1916

ObservateurPremière gelée blanche ! Des furoncles très désagréables me font beaucoup souffrir.

Vendredi, le 20 octobre 1916

ObservateurLa pluie a fait place au froid.

Jeudi, le 19 octobre 1916

TenteIl pleut sans relâche depuis hier soir. Nos toiles de tentes n’offrent qu’un abri très précaire. Nous nageons littéralement dans la boue.

Mercredi, le 18 octobre 1916

ComblesNous menons dans l’après-midi mille coups à la position de la batterie. Les Boches exécutent un feu de barrage terrible sur la route de Combles. Nous passons au trot, heureusement sans encombres.

Mardi, le 17 octobre 1916

Le temps s’est bien rafraichi, mais nous préférons le froid à la pluie.

Lundi, 16 octobre 1916

CavalierNous nous mettons en route pour l’échelon à 8 h et y arrivons vers midi. Il y a peu de changement. Le soir je vais porter un pli à cheval au bois des Cailles entre Bray et Chipilly et ne rentre qu’à minuit ayant eu une fausse adresse.

Dimanche, le 15 octobre 1916

AvionAllemandNous prenons un train de ravitaillement qui nous mène jusqu’à Villers-Bretonneux. N’ayant aucune communication immédiate, je prends la décision de nous rendre à Chipilly à pied en profitant autant que possible des autos. Pour ma part je commence à casser la croute et me rend à Chipilly par Warfusée et Cerisy en faisant la majeure partie du trajet en voiture. Nous arrivons à destination dans l’après-midi. Après avoir absorbé une soupe épatante, je me couche dans une voiture ambulance avec l’espoir de me reposer jusqu’au lendemain matin après ces journées pénibles. Les « Taubes » ne nous laissent malheureusement pas fermer l’œil de toute la nuit. Ils lancent des bombes en quantité en dépit du feu nourri de nos canons antiaériens.

Samedi, le 14 octobre 1916

GareAmiensLe matin je fais établir ma feuille de route pour Cerisy. Le commissaire de gare n’a qu’un train à notre disposition pour 5h du soir. Nous avons donc presque toute une journée à passer en ville. Je fis mes emplettes et me paie ensuite un repas frugal avec un de mes copains. Après une petite promenade en ville nous nous rendons tous en cœur à la gare. Nous prenons le train qui nous mène avec une lenteur effrayante à Longueau. Là-bas le commissaire militaire me fait part que le prochain train pour Cerisy ne part que demain matin. Nous allons à la quête d’un gîte pour passer la nuit et trouvons heureusement un dépôt de militaires de passage où nous passons une bonne nuit

Vendredi, le 13 octobre 1916.

AmiensNous partons à 7 h de Chipilly. 65 chevaux et 33 poilus. Nous passons par Cerisy – Gailly, Le Hamel, Villers – Bretonneux, Cachy, Gentelles, Longeau. La route est longue, je profite d’une auto pour faire les derniers dix km. Après avoir livré nos chevaux nous allons en ville. L’animation est effrayante. Quelle circulation ! La population d’Amiens a, parait-il, doublé depuis la guerre. Je mange très bien dans un restaurant avec quelques un de mes poilus. Nous trouvons un changement avec l’ordinaire de la batterie. ! Après le repas nous allons faire un tour en ville. Impossible de trouver une chambre pour passer la nuit. Tout est archi plein. Je me résigne à me reposer dans un camion sur le bord de la route.

Jeudi, le 12 octobre 1916

ChevauxAu matin je mène, comme chef de convoi, des chevaux malades à un dépôt d’évacuation à Chipilly. Là-bas ils nous prennent en subsistance pour évacuer ces chevaux sur Amiens. Je fais prévenir notre adjudant et mange à la pièce de ravitaillement où les brigadiers Lepy et Carette me font un accueil charmant. Le soir je reçois les ordres pour me rendre avec un détachement de 34 hommes à Amiens le lendemain matin. Après avoir passé une bonne soirée au pays nous allons nous coucher dans des baraquements.

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CARNETS DE GUERRE

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Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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