Page d'archive 33

Lundi 8 février 1915

Nous pensions bel et bien faire l’étape en voiture comme garde descendante. A la dernière minute on nous dit que nous la ferons à pied. Nous ne sommes pas contents n’ayant pas pris nos dispositions pour faire une étape de 30 km. Nous n’avons pas plié nos manteaux aussi comme il pleuvait pendant tout le temps nos manteaux étaient d’une lourdeur effrayante. C’est l’étape qui était je trouve la plus dure. Aussi à Vienne j’étais tout à fait fourbu. Heureusement que nous sommes bien logés chez Mr Friard, propriétaire. Après la soupe nous allons un peu nous reposer.

Dimanche 7 février 1915

Départ à 8 heures, nous prenons le même chemin qu’en venant. Après 8 km nous bifurquons à gauche et nous nous dirigeons vers Beaurepaire où nous arrivons à 12h1/4. L’étape est assez facile. A l’arrivée on m’annonce que je suis de garde aux fourgons soi-disant pour n’avoir pas été aux épaulements la veille. Je suis furieux ! D’autant que le poste est peu confortable. La paille est vieille. La nuit le vent souffle et on est obligé de marcher pour ne pas attraper froid. Je prends la garde de minuit à 3 h. Réveil, si on peut l’appeler comme ceci car je n’ai presque pas fermé l’œil de toute la nuit, à 5h1/2.

Samedi 6 février 1915

Nous avons quartier libre pour faire les préparatifs du départ. Nous passons l’après-midi à l’hôtel Lambert car il pleut à torrent et la boue se met de la partie.

Vendredi 5 février 1915

Canon105

Canon de 105

Le matin, un de nos sous-lieutenant nous explique le 105. Le canon a toutes les perfections. Ce sont surtout les systèmes de sûreté de la culasse qui sont merveilleux.  On ouvre et ferme au moyen d’une poignée agissant sur un coulisseau. Celui-ci a pour but de faire tourner la culasse de 90°de sorte que les filets du pas de vis s’engagent dans ceux de l’âme du canon. Les appareils de pointage sont non moins merveilleux. La hausse indépendante est maniée par le pointeur. Le cadran et le limbe sont analogues au plateau et tambour du 75 sauf que le repérage se fait à l’arrière par un miroir. Les servants sont complètement protégés par de grands boucliers. Les douilles en cuivres sont indépendantes du projectile. L’après-midi nous allons voir tirer le 75.

Jeudi le 4 février 1915

Canon90

Canon de 90

Le matin nous faisons deux tranchées défilées pour les 90. Malheureusement le terrain est très marécageux et après peu de temps l’eau suinte à travers la terre de sorte que le travail est peu propre. Nous sommes obligés de mettre des branchages pour faire un terrain potable. A 10h1/2 ces épaulements sont finis et nous plaçons deux pièces de 90 pour tirer l’après-midi. A 1h on y va. Charles est tireur du premier peloton de pièce et moi du second. Les commandements sont reçus par télégraphie morse (du Commandant qui est placé à 250 m de la batterie). Après peu de temps nous tirons par pièce. Le coup est assourdissant. Le canon recule de deux mètres environ. En tout on tire 60 coups. Pendant ce temps nous observons les coups ce qui est très intéressants. Malheureusement c’est très mal commandé, le tir est mauvais à bien des points de vue. La faute n’incombe pas seulement aux pointeurs. Les éclatements sont très distincts. Nous partirons sans doute dimanche matin ce qui tombe à point car la boue se met de la partie. Le dégel est complet. Si le froid avait continué je n’aurai pas demandé mieux que de faire une plus longue villégiature à Chambaran. Nous recevons aussi une lettre de tante Emma qui nous dit qu’elle a eu des nouvelles de la maison. Une lettre du 2 février et une du 30 janvier, ils vont tous bien heureusement. David Irion est en Belgique son frère Charles à Leipzig pour repartir au feu.

Mercredi, le 3 février 1915

Chambaran75Le matin nous tirons nous même le 75. Je suis d’abord chargeur et ensuite tireur. L’effet est moins grand que je ne pensais. Quand on tire on ferme instinctivement les yeux. Le bruit est sec et assourdissant. Le recul se fait très lentement et on a le temps de rouvrir la culasse. Les deux coups que je tire me font aucune impression anormale et je suis sûr qu’on s’y habitue vite. Le soir nous faisons des épaulements rapides.

Mardi, le 2 février 1915

Mardi nous allons voir tirer le 105. Une pièce merveilleuse ! L’après-midi promenade sentimentale dans la neige, après ça typologie. Le soir nous allons après la soupe au café en galoches. Il fait toujours un temps superbe. Le soir il gèle.

Lundi, le 1er février 1915

Chambaran2

Camp de Chambaran

Réveil à 7h. Le matin nous allons voir tirer le 75. C’est très intéressant. Le recul s’effectue moins vite que je me le figurais. L’après-midi nous faisons une promenade de 10 kilomètre par 30cm de neige sur le champ de tir.

Dimanche, le 31 janvier 1915

Chambaran

Champ de tir de Chambaran

Une dernière étape de 20 kilomètres. Ça marche très bien. Chambaran est sur la hauteur tout entouré de collines. Terrain vallonné. Il y fait très froid, la nuit dernière il y avait -13°. Après la soupe je fais un tour dans le camp et à l’arsenal où il y a un 105, des 155 longs, des mortiers de 220 etc… Nous couchons dans la paille. Malheureusement le soir il n’y a pas de lumière. Nous mangeons la gamelle dans les ténèbres. Pour avoir plus chaud la nuit nous couchons par deux. Je couche avec mon nouvel ami Mort et nous nous tenons bien chaud. La nuit se passe bien.

Samedi, le 30 janvier 1915

Lacotestandre

La Côte Saint André

Nous faisons l’étape St Jean de Bournay – La Côte St André, 21 kilomètres. La marche n’est pas trop dure. Nous arrivons à la Côte à 11h1/2 où nous touchons de suite notre billet de logement. Nous sommes logés au bout du village dans une chambre peu propre au-dessus d’une écurie.  Notre brigadier nous passe un autre billet de logement qui est bien mieux. Nous sommes reçus très bien à la Côte. Partout où l’on voit on nous offre la liqueur du pays « La Blanche ». Autre part une dame nous remplis nos bidons de vin à l’ail etc… Enfin on passe une délicieuse soirée. Les repas sont épatants. Notre hôte est chef cantonier. Nous passons une délicieuse nuit.

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CARNETS DE GUERRE

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Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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