Page d'archive 35

Mardi le 1er septembre 1914

Canonde75

Canon de 75

Nous nous levons sur le son de l’appel à 5 heures ? On s’habille en toute hâte pour être à l’appel à 5h1/2. Après avoir absorbé un quart de café nous descendons dans la cours du quartier. Nous faisons des exercices de marche et ensuite on nous montre le maniement du canon 75. Vers 11 heures nous prenons la soupe. Le réfectoire est une salle ayant beaucoup de ressemblance avec une écurie. C’est très mal éclairé. Nous sommes serrés comme des harengs. Chacun se sert de soupe. Le reste du menu comprend du bœuf bouilli et de fayots. A 1 heure on va aux écuries. Charles monte à cheval avec les autres types suivant le peloton. Après ça on fait boire les chevaux. Le soir nous sortons et allons souper chez tante Emma. Nous faisons un bon dîner. Vers neuf heures nous rentrons. Jusque là tout va assez bien. La chose que nous regrettons c’est de ne pas pouvoir donner de nos nouvelles à nos parents. Même s’il y avait une communication nous nous méfierons d’écrire car nos parents risqueraient d’être fusillés après avoir été dénoncés par des mouchards. Mais malgré ça nous pensons que nos parents doivent être contents de nous savoir partis en France, pendant que les autres jeunes gens qui sont restés à Mulhouse doivent partir avec les Allemands et risquent à chaque instant d’être employé comme chair à canon. Ah nos pauvres parents s’ils se doutaient que nous somme en sûreté !

Nous nous couchons à 9 heures. Je dors mieux cette nuit

Lundi le 31 août 1914

Exposition Lyon

Exposition Lyon 1914

Nous nous levons à 7 heures et déjeunons. Après le déjeuner je vais avec Edouard sur la rive gauche de la Saône tandis que Charles va se faire raser. Nous nous promenons ensuite par la ville jusqu’à la place Bellecourt là nous nous séparons. Tourtellier va à l’exposition où ils ont un stand. Schmerber se promène en ville jusqu’à 10 h, heure à laquelle nous lui donnons rendez-vous. Pendant ce temps, Charles et moi, allons par le pont de la Guillotière chez tante Emma. Nous nous réjouissons déjà maintenant de les revoir. Nous montons l’escalier et nous sonnons. Après un moment Suzanne nous ouvre ? En même temps arrive tante Emma et Pierre ! Quel étonnement ! De surprise elles ne peuvent pas parler ? On s’embrasse de tout cœur… leur joie est à son comble quand nous leur racontons que nous sommes engagés à Lyon. Poursuivre la lecture ‘Lundi le 31 août 1914′

Dimanche, 30 août 1914 en route vers Lyon

Train

Embarquement pour Lyon

Après une bonne nuit, nous nous levons à 7 heures. Nous déjeunons au Duval et allons ensuite à 8 heures à notre bureau. Nous recevons après de longues écritures notre feuille de route. A 9 heures nous allons lentement à la gare et faisons nos provisions de route. Le train devait partir à 10h. On nous annonce qu’il aura du retard. Il y a un monde fou à la gare. Il passe plusieurs convois de blessés. Nous voyons comme on leur refait leurs pansements vieux de 8 jours. Les dames de la Croix-Rouge leur donnent également des rafraîchissements Ils nous disent qu’ils viennent de St Dié. Poursuivre la lecture ‘Dimanche, 30 août 1914 en route vers Lyon’

Samedi le 29 août 1914 – L’engagement

Engagement

Engagement et naturalisation

Nous nous levons vers 7 heures et allons aussitôt après un petit déjeuner au bureau de recrutement où on nous fait attendre pendant 2 heures avant de passer la visite. Enfin vient notre tour. Tourtelier et Charles sont assez facilement acceptés. A moi, ils me font des difficultés en raison de ma vue et de mon âge. Il m’accepte finalement, Edouard de même. Je suis disent-ils le plus jeune artilleur de France (17 ans). Pour remplir les papiers, ils nous font attendre jusqu’à midi. Après le dîner nous y retournons. Nous allons d’abord visiter la cathédrale, nous y voyons une horloge astronomique merveilleuse.

Au bureau de recrutement on nous fait attendre pour écrire nos demandes d’engagement. A 3 h1/4 nous allons à la mairie où après une longue attente nous signons notre acte d’engagement pour le 54ème régiment d’artillerie à Lyon, ainsi que notre naturalisation.

Nous voilà donc français !! Poursuivre la lecture ‘Samedi le 29 août 1914 – L’engagement’

Vendredi 28 août 1914 à Besançon

BouillonDuval

Restaurant Bouillon Duval

Nous nous levons à 4 heures et nous nous dirigeons vers la gare accompagnés d’un soldat. Nous sommes 11 outre nous quatre, il y a encore sept autres engagés volontaires de Belfort. Nous faisons bon voyage. A 8 heures nous prenons le pain et le fromage que les soldats nous ont donné. Nous arrivons à Besançon à 10 heures. Un soldat à l’amabilité de nous conduire au bureau de recrutement. En route nous prenons un café dans un restaurant. Arrivés au bureau, on nous dit de repasser à 2 heures. En attendant nous allons changer notre argent allemand. On nous fait beaucoup de difficultés. Grâce à un notaire alsacien nous arrivons à changer notre argent. (Pour 20 M en or 22fr50 et pour l’argent le nombre égal en francs. De cette façon j’ai environ 80 Fr). A midi nous allons dîner dans un Bouillon Duval à 1Fr75. Auparavant nous nous faisons couper les cheveux tout ras. A 1 h3/4 nous sommes invités à aller prendre le café chez un capitaine et sa nièce que Tourtellier connait. Cette dame ainsi que deux de ses amis nous invitent à venir prendre le thé à 8 heures ce soir. A 2 heures et quart nous nous faisons inscrire pour passer la visite le lendemain matin. L’après-dîner, nous faisons connaissance avec le capitaine Laillare. Il nous dit de s’adresser à lui, s’il y avait quoique ce soit. Sur ce nous prenons une bonne douche et nous faisons une balade en ville. Le soir nous allons souper au Bouillon Duval. Nous allons ensuite chez ces dames et passons une agréable soirée. A 10h nous rentrons. Nous couchons dans une petite auberge et passons une bonne nuit.

Jeudi, le 27 août 1914 à Belfort

Belfort

Gare de Belfort

Il fait très froid, il pleut encore.

A 7 heures nous parlons avec quelques officiers qui nous disent qu’il faut aller à Belfort. Les soldats nous offrent du pain et un peu de café (jus). Un lieutenant nous fait passer dans une chambre moins encombrée où nous passons la matinée. A 11 heures on nous offre la soupe (délicieux !) et on nous dit que nous irons à Belfort à 4 heures, sous la conduite des gendarmes. En attendant nous passons le temps à rigoler avec les soldats. Entre temps viennent deux type de Rixheim ayant été faits prisonniers. Ils nous racontent que la veille au matin, quand ils se sont enfuis, on commençait déjà à convoquer tous les jeunes gens de Mulhouse à partir de 17 ans.

Belfort1

Canons et avion pris aux allemands exposés à Belfort

Enfin à 4 h1/2 deux gendarmes nous conduisent à la gare d’où nous partons en train électrique après une longue attente. Auparavant nous avions mis nos bécanes dans le train. Après une heure de marche nous arrivons à la gare de Belfort. Les environs de Belfort sont tout rasés. Les gendarmes nous mènent à la caserne. Sur place, devant l’église nous voyons les 24 canons allemands pris à Mulhouse ainsi qu’un aéroplane allemand. Devant un bureau militaire, nous voyons une centaine d’Alsaciens réfugiés à Belfort qui vont aller dans le midi pour les vendanges. Arrivés à la caserne, nous expliquons notre cas aux officiers qui nous disent que le centre de recrutement pour les Alsaciens est Besançon. Nous décidons donc de partir pour cette ville par le prochain train demain matin à 4 heures. Nous goûtons donc du singe et de la soupe. Les soldats sont très aimables avec nous. Ensuite nous allons coucher sur des paillassons. La nuit est froide et je dors très mal. Nous avons fait mettre nos bécanes chez le contremaître de l’usine Tourtellier à Belfort.

Mercredi, le 26 août 2014 vers la frontière

Chevaux

Chevaux de guerre

Nous nous levons vers 7 heures et passons somme toute une matinée calme. Nous apprenons par une famille qui vient de Mulhouse que les Allemands y sont quoiqu’en petit nombre.

Après un petit dîner à l’auberge nous cherchons à nous distraire en aidant un paysan à entrer la moisson. C’est très amusant.

De retour à 4 heures nous remarquons que tous les soldats vont quitter Soppe. Nous nous apprêtons aussi à partir. Par hasard, 2 chasseurs ayant 21 chevaux nous demandent de les aider à les mener à La Chapelle. Nous acceptons volontiers. Par malheur le temps se gâte. Nous partons conduisant d’une main la bicyclette et de la droite deux chevaux. Moi j’en ai même trois à conduire. Poursuivre la lecture ‘Mercredi, le 26 août 2014 vers la frontière’

Mardi 25 août 1914 départ de Mulhouse

Mulhouse_Soppe

En jaune l’itinéraire vers la frontière

Après le déjeuner à 8h mon ami Fritz Kueny vient me chercher il est très agité. Il croit tout perdu. On ne voit plus un soldat français en ville. Pourtant les habitants croient tous que les français n’ont fait que quitter la ville pour prendre de positions en dehors.

Nous allons à bicyclette jusqu’à Modenheim sans voir un soldat. Les Français ont tout délaissé.

Nous inspectons tous les retranchements qu’ils avaient faits. Tous les arbres ont été coupés, toute la voie de chemin de fer de ceinture est employée comme retranchement. Voyant tout cela évacué mon ami croit déjà voir les allemands. Je tâche de le remonter dans son pessimisme. Arrivé à la maison, je trouve toutefois tout le monde en grand désarroi. Charles et deux de ses amis, Edouard Schmerber et Maurice Tourtelier ont pris la décision de quitter Mulhouse car tout le monde craint que les Allemands ne reviennent et fassent marcher les jeunes gens à partir de 17 ans sous leur drapeau. Poursuivre la lecture ‘Mardi 25 août 1914 départ de Mulhouse’

Lundi, 24 Août 1914

Je me lève à 7 heures. Après le déjeuner j’essaie d’acheter des saucisses, mais pas moyen. Nulle part il y a de la viande pour faire des saucisses ! Il faut s’arranger !!!

Bain

Mulhouse Bains municipaux

A 9 heures Kueny vient me chercher. Nous allons à bicyclette à Lutterbach. Une sentinelle nous arrête au-delà du village. Avant Lutterbach nous voyons des soldats faire des exercices. Les environs sont plein de militaires. Les issues vers Thann et vers Pfastatt sont bouchées. A 11 heures nous rentrons en ville. J’y trouve Georges. L’Express ne donne pas de nouvelles importantes ! Après le dîner je vais porter ma bicyclette chez Kibler pour la faire réparer. Ensuite je vais chez Fritz, le chercher pour aller au bain. Nous passons à 3 heures chez Georges. Après un bon bain de soleil nous rentrons dans l’eau et nous nous habillons à 5h1/4. Arrivés à la maison nous ressortons, Kueny et moi , en ville. Au kiosque nous lisons dans le bulletin des Armées de samedi que les Allemands sont à Bruxelles et ont demandé 200 000 000 M de contribution de guerre à la ville. Nous y lisons également le truc d’un aviateur allemand lors d’une reconnaissance nocturne dans les environs de Bruxelles. Il avait mis au bout d’une corde de 60 mètres attachée à son appareil, une lanterne, de sorte que l’ennemie tira tout le temps sur la lanterne, croyant que ce fut une lumière de l’aéroplane même. Tout le régiment des « hussards de la mort » commandé il y a peu de temps encore  par le Kromprinz a été fait prisonnier en Belgique. Le Kromprinz serait blessé ! Poursuivre la lecture ‘Lundi, 24 Août 1914′

Dimanche, le 23 Août 1914

Mairie

Mairie de Mulhouse

Je fais plus ou moins la grasse matinée et me lève seulement à 8 heures. Après le déjeuner je vais chez le coiffeur qui me fait attendre pendant une heure. A 9 heures je vais avec Georges et Fritz en ville et de là nous allons à l’église. Monsieur le pasteur Bricka fait un sermon très intéressant. Il parle beaucoup de la guerre. Il dit que les nations sont à un grand tournant. Il y a deux soldats et un sous-lieutenant en uniforme qui assistent au culte. En sortant nous voyons un général en civil.

Nous avons Mr Holff à diner. Entre autre il nous raconte que les 25 chasseurs à cheval de mercredi matin ont été tous tués dans un chemin creux près de Brunstatt le même matin.

A 2h1/2 Kueny vient me chercher pour aller au bain. En passant nous cherchons Georges. Nous prenons un bon bain de soleil et entrons dans l’eau seulement à 4h1/4. Nous rentrons ensuite à 5h. Georges nous accompagne et nous nous promenons en ville. Georges me parle beaucoup de son cousin Camille Tournier. Je ne rentre qu’à 7h1/2 passé. Le matin on a hissé le drapeau tricolore sur le toit de la mairie !

Dans le Bulletin de l’Armée on prétend que les français sont à Colmar. Villé près de Schlettstadt doit être repris par les Allemands.

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CARNETS DE GUERRE

Carnet

Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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Page consacrée à Jean-Paul Hédrich sur le site européen des archives de la guerre de 14-18
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JPHM200814

Jean-Paul à Mulhouse en août 14

JPHsept14

Jean-Paul à Lyon en septembre 1914

JPH_Grenoble

Jean-Paul à Grenoble mars 1915

JPH118

Jean-Paul à la Rochelle février 1916


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