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Samedi, le 30 janvier 1915

Lacotestandre

La Côte Saint André

Nous faisons l’étape St Jean de Bournay – La Côte St André, 21 kilomètres. La marche n’est pas trop dure. Nous arrivons à la Côte à 11h1/2 où nous touchons de suite notre billet de logement. Nous sommes logés au bout du village dans une chambre peu propre au-dessus d’une écurie.  Notre brigadier nous passe un autre billet de logement qui est bien mieux. Nous sommes reçus très bien à la Côte. Partout où l’on voit on nous offre la liqueur du pays « La Blanche ». Autre part une dame nous remplis nos bidons de vin à l’ail etc… Enfin on passe une délicieuse soirée. Les repas sont épatants. Notre hôte est chef cantonier. Nous passons une délicieuse nuit.

Vendredi, le 29 janvier 1915

Vendredi matin rassemblement à 7h. L’étape Hérieux – St Jean de Bournay a 21 kilomètres. On marche moins vite que la veille étant donné que la neige rend la marche pénible. Malgré ça on est gais et on arrive à 11h1/2. A l’hôtel de ville on nous donne nos billets de logement. Nous logeons à l’autre bout de la ville Charles et moi chez de braves gens. Nous avons un grand lit pour les deux. A 1h1/2 Chaize nous offre le dîner qui est non moins délicieux que la veille. Je passe l’après-midi à écrire des cartes. Après le souper du soir nous rentrons nous coucher et passons une bonne nuit

Le lendemain matin. Madame nous offre le café et à 7h nous allons au rassemblement.

Jeudi 28 janvier 1915

MarcheNous partons donc le matin avec sacs et bagages. La première étape Lyon – Hérieux à 23 kilomètres. Toutes les heures nous faisons une halte de 10 minutes. C’est le capitaine Chevalier qui mène la colonne. Nous marchons à une allure assez rapide surtout vers la fin, ce qui est rendu pénible par la neige. A 12h1/2 nous arrivons à Hérieux où notre chef cuisinier Chaize nous a préparé non sans peine un délicieux dîner. Auparavant oncle Paul vient en auto nous voir et nous offre le vin chaud. Nous sommes cantonnés dans une grange derrière un café. La soirée se passe très bien au café car dehors il fait bien froid. Charles est fortement grippé. Je  me lie d’amitié avec un de nos copains Sonmort. A 7 heures nous faisons un délicieux souper, pommes de terre au  gratin et rôti de bœuf, fromage et confiture de marron. Après je vais passer la nuit avec Charles et Praloux un de nos copains dans une chambre du café que Charles avait louée par mesure de précaution au lieu de coucher dans la paille. On passe une très bonne nuit.


Mardi 26 janvier 1915

Nous faisons nos préparatifs de départ pour Chambaran. Le soir j’achète quelques boites de conserve pour la route.

Lundi 25 janvier 1915

A 2h revue en tenue de départ, bidon, musette et manteau avec couverture en sautoir. Le soir Tomasin.

Lundi, le 18 janvier 1915 au dimanche 24 janvier 1915

Lundi matin nous apprenons le résultat de notre examen nous ne sommes pas reçus. Il y en a que 17 du 54ème de reçus sur 106 dont 6 officiers, ils vont faire leur peloton à Valence. Après ça toujours la même chose et beaucoup de manœuvre à pied. Nous allons lundi soir à Tomassin. Mardi soir je sors un peu avec Ménard qui me raconte la vie qu’on mène à la Doua. Mercredi soir nous dînons chez tante Jeanne et jeudi chez tante Emma. Ces derniers jours il fait froid de loup et il a neigé un peu. J’ai de bonnes nouvelles de Roby et Georges !

Vendredi on est de piquet.

Samedi nous sommes invités chez Mr Bockel à Tomassin et passons une agréable soirée.

Dimanche matin après le pansage nous dînons chez tante Jeanne, après-midi au cinéma. J’oubliai de dire que notre départ à Chambaran est fixé pour jeudi prochain. Nous y allons à pied en 4 étapes. Edouard et Tourtelier ne font pas preuve de beaucoup de courage, ils préfèrent rester comme instructeur. Quelle drôle de mentalité ! Enfin c’est leur affaire. J’ai reçu une longue lettre de Pierre Friks d’Angleterre. Il s’occupe de donner des leçons en attendant que Mulhouse soit française pour pouvoir demander à ses parents l’autorisation de s’enrôler.

Du mardi, le 12 janvier au dimanche, le 17 janvier 1915.

Le matin nous montons régulièrement à cheval aux carrières derrière le port. Chacun a son cheval affecté. J’ai un très chic cheval noir de 4 ans environs. Il a la crinière toute coupée. Il va très bien au galop. Aussi l’équitation du matin fait du bien. Jeudi matin 159 canonniers s’en vont à la Doua.  Ménard et 2 autres du peloton sont parmi eux et sont proposés comme brigadiers. Les candidats aux EOR n’ont toujours pas les résultats de leur examen. En attendant il parait que nous allons à Chambaran le 28 janvier en 4 étapes de 18 à 25 kilomètre, en tout 75 kilomètres à pied. Mardi soir je suis garde d’écurie, mercredi invité chez tante Jeanne, jeudi et vendredi je reste au quartier. Samedi soir nous sommes de piquet. L’après-midi il y avait revu de casernement par le lieutenant Laval. Dimanche matin revue de casernement par le lieutenant-colonel. L’après-midi dînons chez tante Jeanne. Le soir on se balade en ville et soupé au restaurant. Il fait un temps exécrable depuis 15 jours.

Les 10 et 11 janvier 1915

Dimanche, le 10 janvier 1915

Nous nous levons à 5h et nous nous dirigeons à 6h vers le quartier où nous déjeunons à la cantine. A 6h1/2 nous nous mettons en route pour la gare. Nous rentrons ensuite en express. Jusqu’à Bourgouin il neige. Le reste du voyage se passe bien. Nous arrivons à Lyon à midi. Arrivé au quartier nous sommes très étonnés de voir qu’on nous a pris les tréteaux de mos lits ainsi que nos matelas. Les copains nous avait heureusement fait des paillasse. A 2h nous allons chez Tante Jeanne pour raconter notre voyage. Nous y soupons le soir.

 

Lundi, le 11 janvier 1915

Après une nuit plus ou moins bonne nous reprenons notre travail habituel. Le soir nous allons à Tomassin où nous faisons un bon dîner arrosé de champagne.

8 et 9 janvier 2015

Vendredi, le 8 janvier 1915

Grenoble1

Grenoble – Place de la Constitution – Les facultés

Nous nous levons à 6h, on se débarbouille un peu et à 7h nous nous dirigeons en rang vers la place de la Constitution où se trouve la faculté de droit. Tous les candidats EOR s’installent dans une classe. A 8h le commandant examinateur décachète la lettre ministérielle contenant le texte de la composition de français : Quels sont les résultats que la France peut attendre d’une victoire définitive sur l’Allemagne ? J’écris et brode pendant 2 heures sur ce texte sympathique. La censure à l’air d’être assez stricte. Les feuilles de copie numérotées sont munies de manchettes sur lesquelles nous mettons notre nom. A 10h, après cette composition nous allons prendre un bon bain. Sur ce nous dînons en ville. A 1h rassemblement au quartier. A 2h composition d’histoire dans l’amphithéâtre de l’école électrotechnique. Composition d’histoire : Quels sont les principaux évènements de la guerre de 70 ? J’avais heureusement préparé ça et pu donc écrire 4 grandes pages là-dessus. Le soir nous soupons en ville et passons alors une agréable soirée au N°2 ( ?!) Ensuite nous allons à l’hôtel de Marseille où nous louons 2 chambres à 2 lits. Dans l’une d’elles Ed, Charles et moi nous nous installons. Dans l’autre se mettent trois autres copains. Je couche avec Ed. Dormons bien !

 

Samedi, le 9 janvier 1915

A 6h nous rentrons au quartier. A 7h les 200 candidats vont à la faculté de droit où nous faisons notre composition d’arithmétique. Avant de commencer on fait un chahut formidable, on chante, crie etc. De 8h à 10h nous faisons notre composition : 1) Définition et calcul du plus grand commun diviseur de 3 nombres 2) Démontrez que le produit de 3 nombres successifs est divisible par 6. J’écris presque 3 pages là-dessus. J’ai heureusement un type qui m’aide un peu. Après ça nous sommes obligés de rentrer au quartier où nous mangeons à bon compte à la cantine. Après nous être reposés un peu nous passons à 2h notre composition de géométrie et algèbre :

I. Construire un triangle   2 angles et le rayon du cercle inscrit.

II. On fait un certain alliage de Pb et Sb du poids d’1kg. Le poids du Pb est supérieur de 0,8 au poids d’antimoine. Trouver le poids du plomb et celui de l’antimoine.

III. On dessine un demi-cercle de centre O. D=AB et les tangentes AA’ et BB’ aux extrémités de ce diamètre. Une 3ème tangente CMD tangente en M d’où AA’ en C, BB’ en D. Démontrer que CÔD est droit  et que l’on a ACxBD=RR étant le rayon. On joint C et D à un point fixe P du diamètre AB situé entre O et B. Et l’on pose OP=a AC=r . Calculez en fonction de r, de R et a. la surface du triangle PCD. Etudiez la variation de cette surface quand a vari. Trouvez la valeur de x pour laquelle la surface est minime.

Je résous avec plus ou moins de peine ces problèmes. A 5h je sors et me promène en ville. Nous ne partons que  le lendemain. Je soupe à 17h20 en ville, puis je vais à l’hôtel de Marseille. Je me couche de suite à 8h.

 

Jeudi, le 7 janvier 1915

Grenoble

Grenoble Caserne du 2ème d’artillerie

Réveil à 3h1/2. Nous nous mettons en tenue de sortie. Rassemblement vers 5h. Auparavant nous avons touché chacun une musette, une boite de thon, pain et fromage. Nous partons au nombre de 100 à 5h sous la conduite d’un aspirant. Le voyage est assez gai. Nous arrivons à Grenoble à midi. Nous traversons toute la ville jusqu’au quartier du 2ème d’artillerie. Là-bas on nous dit que les examens dureront 2 jours et ne commenceront que le lendemain matin à 8h par une composition de français. En attendant on nous donne une piaule à notre disposition. Le quartier est mieux que celui du 54. 3 grands bâtiments en angle droit au milieu desquels il y a une grande cour. N’empêche qu’il parait qu’en matière d’exercice on est bien plus strict. A 1h nous sortons en ville. Nous nous promenons pendant 2h. Grenoble est une gentille petite ville. Malheureusement il n’y a que 500m de boulevard animé à faire de la place Victor Hugo à la place Grenette. Nous trouvons un joli point de vue sur l’Isère ; un pont derrière lequel s’étendent les Alpes dauphinoises. L’effet est merveilleux. Après 5h nous allons dans une petite brasserie dans la grande rue où nous nous amusons bien. Nous rigolons ainsi pendant 1 heure après quoi nous allons souper à la « Boulangère » 17h45. Nous y dînons très bien. A 9h nous rentrons au quartier. Nous couchons tout habillé sur la paille. Malgré ça il fait très froid la nuit.

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CARNETS DE GUERRE

Carnet

Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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Jean-Paul à Grenoble mars 1915

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