Page d'archive 39

Samedi 12 juin 1915

La nuit se passe bien malgré le froid intense et nous fermons bien notre tente des 2 côtés avec des couvertures et nous nous couvrons bien. Abreuvoir fait au galop de charge, très amusant. Le soir je vais à Moudros pour accompagner le courrier qui retourne au front. On y va en voiture. Notre ami Edouard est parait-il blessé à la cuisse et se trouve ici à Lemnos.

Vendredi, 11 juin 1915

A 2h quand je me lève pour prendre ma faction, la bise froide me glace les membres. Le sable nous aveugle et les chevaux affamés déracinent les piquets auxquels ils sont attachés. Quelle pagaille ! Nous avons l’obscurité la plus complète. Il fait aussi froid que cet hiver à Lyon. La santé va un peu mieux. Nous mangeons un peu. Aujourd’hui on a de la viande, je ne sais trop de quoi (Buffle ?).

Jeudi, le 10 juin 1915

Moudros2

Camp à Moudros

Réveil à 3h. Nous recevons l’ordre de déménager, c’est-à-dire de nous installer avec tout notre « saint glan » ailleurs au sud de Moudros, tout près de la mer. Nos paquetages faits, nos tentes démolies et nos chevaux bricolés nous nous mettons en branle à 6h.

A Moudros nous allons à droite, en longeant la mer et nous nous installons là, à une heure environ de la ville, devant un village sur la plage. Il règne malheureusement un vent terrible, ce qui nous fait beaucoup de difficultés pour dresser les tentes. Les 6 pièces s’installent chacune à côté de leurs chevaux qui sont attachés à 6 cordes sur 3 rangs face à la mer. On est obligé de faire les tentes rien qu’à deux de sorte que nous sommes obligés de quitter Carrel et de nous établir à notre pièce. Après cela abreuvoir, l’eau n’est pas à proximité. Le soir je suis de garde d’écuries. Comme tel, je couche avec mes camarades de garde dans un marabout.

Mercredi 9 juin 1915.

Mes coliques ne vont pas mieux. Au contraire. J’ai par-dessus le marché des maux d’estomac terribles. Charles et Edouard ne sont pas non plus rétablis. Nous ne mangeons plus rien. Le singe me dégoute, les légumes sont immangeables, il n’y a que le pain qui passe.

Le soir nous recevons un paquet qui a mis 20 jours pour venir de Lyon. Les quelques conserves nous font plaisir. Dans la soirée, nous tuons une couleuvre d’une longueur d’1m85 à coup de pelle. Nous recevons des nouvelles des Dardanelles. L’ordonnance de notre sous-lieutenant a été tuée par un éclat d’obus, le sous-lieutenant et 4 hommes sont blessés. Les Turcs bombardent continuellement le camp de Seddul-Bahr depuis la côte d’Asie.

Mardi, le 8 juin 1915 (J’ai 18 ans !)

AnniversaireMon anniversaire, la Saint-Médard.

L’année dernière, je ne me serais vraiment pas douté que je passerais le 8 juin 1915 à Lemnos. Je suis certain que Maman pense à nous aujourd’hui et qu’elle regrette de ne pas avoir pu faire la traditionnel « gâteau blanc » avec les 18 bougies.

L’eau pour faire boire les chevaux nous fait de plus en plus défaut. A présent nous sommes obligés d’aller dans un village à 4 km d’ici. Il est vrai qu’on pique quelques temps de galop. J’écris des lettres à Georges Tournier, cousin Henri, Pierre Givey, cousine Maria.

Lundi 7 juin 1915

Hopital_moudrosTous les trois nous nous faisons porter malades pour nos coliques. Carrel qui est l’infirmier du détachement nous mène à l’hôpital où on nous donne de l’élixir parégorique. Nous nous mettons au régime lacté.

Samedi 5 et dimanche 6 juin 1915

Toujours la même vie. Dimanche matin on entend le canon. Ça doit être un grand coup qui se prépare. La plupart des vaisseaux de guerre a quitté le port. Je commence moi aussi à avoir de fortes coliques. Presque tous les hommes en ont déjà. Ça doit provenir du singe que nous mangeons ainsi que du climat.

Vendredi 4 juin 1915

Les journées se passent comme d’habitude. Je reçois de bonnes nouvelles de chez nous qui nous font bien plaisir ainsi que de nos tantes, Georges Tournier et Pierre Genty.

Jeudi 3 juin 1915

Hopital_LemnosNous passons notre matinée à aller nous faire vacciner contre le choléra à l’hôpital. Le soir après l’abreuvoir, nous allons prendre un bon bain de mer.

Mercredi, le 2 juin 1915

Réveil à 4h. Passage en abreuvoir. A 11 h soupe, la nourriture est immangeable. La veille nous avons à manger du cheval (un de nos chevaux que nous avions du abattre) à part ça nous mangeons d’habitude du singe, avec des pommes de terre, du riz ou des macaronis. Repos jusqu’à 3 h puis abreuvoir. Le soir j’écris. Nous recevons les premières lettres (de Nini).

 

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CARNETS DE GUERRE

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Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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