Page d'archive 4

Le 18 février 1918

BilletFontainebleau,

 Chers Oncle et Tante,

 Comme je le comptais, Edouard est venu me rejoindre à Fontainebleau aujourd’hui. Il est heureux d’être enfin à l’école et a la veine d’avoir son cousin, le capitaine Schmerber, comme capitaine chargé de l’intervention du groupement dont fait partie sa brigade. Inutile de vous dire que c’est un point énorme et qu’il est certain d’être considéré dès le début !

Notre groupe est paraît-il toujours au repos ! Ici toujours beaucoup de travail mais enfin il n’y en a plus que pour un mois car il est fortement question de quitter l’école avant le 25 mars ! Il va falloir que je songe à m’équiper pour ne pas tomber au dépourvu les derniers jours. Je compte faire faire ma tenue à Fontainebleau même ! En ce qui concerne toutes ces questions-là, chers Oncle, je te demanderai de m’avancer la somme nécessaire d’ici quelque temps. En attendant, puisque nous en sommes à la question pécuniaire, il me faudrait une centaine de francs. Je te remercie d’avance, cher Oncle, et te préviendrai quand il me faudra le reste !

Tante Jeanne me disait dans sa dernière lettre que Georges ne devait pas tarder de venir en permission, aussi j’espère qu’à l’arrivée de ma lettre il sera des vôtres !

Quant à Charles, ses nouvelles sont de plus en plus clairsemées. Il faut croire qu’il doit être très occupé !

Je termine chers Oncle et Tante, en vous embrassant bien fort ainsi qu’Emma et Paul.

Bien affectueusement à vous.

Jean-Paul

P.S. Paul a-t-il fait développer les photos ?

Dimanche 17 février 1918

Carte_Postale_19180217Paris, le 17 février 18

Chers Oncle et Tante

Je vous adresse ces quelques lignes de la capitale où je passe ma journée. J’ai déjeuné chez Mr et Madame Gency. Demain je pense voir Edouard à Bleau et lui donnerai tous les tuyaux nécessaires à l’école.

Affectueux baisers

Jean-Paul

CartePostale19180217(2)

Lundi 11 février 1918

Fontainbleau2Fontainebleau, le 11 février 1918

Bien chère Tante,

Je profite d’un moment de loisir pour t’adresser ces quelques lignes et te remercier du dernier colis, contenant les cervelas, le chocolat et le biscuit. Tout cela m’est arrivé en parfait état.

Hier dimanche, j’ai déjeuné chez Mr Geiger qui m’a raconté un tas de choses intéressantes. Son mari est en tournée de conférences. Elle a de bonnes nouvelles de Paul. Quant à Friquette et à René, elle les croit les deux en bonne santé ! J’ai également vu Madame Chevy et sa fille, ainsi que la sœur de Roby Phenninger !

Et ce matin nous nous sommes mis au travail à nouveau pour six jours. Voilà déjà la moitié de la session de passé, l’autre moitié passera vite ! Je suis heureux d’apprendre que Jean pense venir à Bleau sous peu et suis à son entière disposition pour lui donner tous les tuyaux nécessaires ! Quant à Georges il fait bien de venir passer quelques jours à l’arrière avant le grand coup qui se prépare !

J’ai de bonnes nouvelles de Charles qui me dit être fort occupé par la construction et l’organisation de sa nouvelle position !

Je termine, chère Tante, en te chargeant de gros baisers pour oncle Georges, Emma et Paul. Sois toi-même affectueusement embrassé de ton dévoué neveu qui t’aime bien.

Jean-Paul

P.S. Sais-tu si Paul a fait développer les photos qu’ils avaient prises pendant notre permission ? Si oui il serait bien aimable de me les envoyer.

Le 6 février 1918

Fontainebleau1Chère Tante

Un mot pour te donner signe de vie et t’accuser réception du dernier colis, contenant le pâté et le chocolat. Merci pour tout cela ! Ici toujours beaucoup de travail. Pas une minute à nous ! Beaucoup d’exercices physiques surtout. Edouard m’a prévenu qu’il vient me rejoindre le 18 courant. Je vous embrasse très affectueusement

Jean-Paul

Le 31 janvier 1918

Lettre19180131Fontainebleau, le 31 janvier 1918

Un mot pour te dire que je suis toujours en excellente santé. Toujours beaucoup de travail. Beaucoup d’instructions extérieures ! De 6 heures du matin à 6 heures du soir pas un instant de répit et le soir on est obligé de revoir les cours pour se tenir au courant. Aujourd’hui nous avons eu une composition de balistique que j’ai bien réussi. J’ai enfin reçu mon caoutchouc. Il n’est pas trop tôt. Il est resté en route exactement 3 mois 1/2 . J’en suis bien content. Bien affectueusement.

Gros baisers.

Jean-Paul

Le 28 janvier 1918

Fontainbleau4Fontainebleau, le 28 janvier 1918

Chère Tante,

Merci de tout cœur pour ta longue lettre à la quelle était jointe la carte de Maman. J’ai été bienheureux de revoir son écriture et de les savoir en bonne santé. La lettre de Tante Emma leurs a fait bien plaisir leur a donné quelques instants de bonheur dans leur grande misère. Excusez-moi de ne pouvoir vous écrire plus longuement mais je suis réellement très occupé. Quant à l’opinion de Bobette, il n’en est rien. Je suis toujours aussi bien portant ! Elle a dû rêver que j’avais maigri !

Je ne sortirai de l’école que les derniers jours de mars. La session du 12 mars n’a aucun rapport avec la nôtre. Il y a des sessions continuellement et plusieurs à la fois. Merci de tout cœur pour le paquet. Les cervelas sont épatants quant aux sardines je n’y tiens pas particulièrement. Affectueux baisers.

Jean-Paul

Lundi, le 21 janvier 1918

PhotoMulhouseFontainebleau, le 21 janvier 1918.

Lundi midi

Bien chère Tante,

Je viens de recevoir ta longue et gentille lettre du 18 courant et t’en remercie de tout cœur. Je suis heureux de savoir que Charles est en Alsace et je comprends sa joie !

Hier j’ai déjeuné à Meudon chez Madame Binder. Le fils ainé est passé s/Lieutenant ; quant au plus jeune, il va bien parait-il. Je ne l’ai pas vu, car il était invité chez un de ces amis. Les demoiselles vont très bien et l’une d’elles s’attend à partir incessamment dans une ambulance en Alsace comme infirmière. Madame Binder m’a également montré une photographie de Mulhouse prise par avion. On distingue très bien les rues de Mulhouse et notre maison. Je t’assure, chère Tante, que c’est une drôle d’impression de voir cela !

Dans l’après-midi je suis allé chez les Tournier, où j’ai vu Jacqueline Baky ainsi que Mr Tournier. Quant à Georges Tournier, il était en permission il y a une dizaine de jours et je suis vraiment désolé de l’avoir manqué à si peu de jours près !

Avant de reprendre le train, je suis allé voir Bobette, qui se porte toujours très bien. Elle fait dire le bonjour à Emma. Autrement rien de neuf, beaucoup de travail. Mais c’est moins pénible car le temps s’est bien radouci !

Aujourd’hui nous avons malheureusement la pluie et nous avons de l’école à feu pendant toute l’après-midi ! Je suis heureux de savoir que mon caoutchouc est à La Rochelle et j’ai avisé le chef immédiatement afin qu’il me l’expédie sans tarder.

Je termine en vous embrassant tous bien affectueusement.

Jean-Paul

P.S. Merci infiniment pour le dernier colis. Je crois avoir oublié de vous en remercier.

Mercredi, le 16 janvier 1918

Fontainebleau3

Ecole d’application artillerie de Fontainebleau (Source Gallica)

Fontainebleau, le 16 janvier 1918

Chers Oncle et Tante

Je suis heureux de vous apprendre que j’ai brillamment réussi mes examens d’entrée. J’espère que je sortirai aussi bien. Merci pour ta longue lettre, chère Tante. Je suis heureux d’apprendre que tout le monde va bien, y compris Georges et Jean. Ici le travail est moins dur car il a complètement dégelé ! Aux dernières écoles à feu, j’ai démoli en 4 coups l’objectif. C’est de la veine et un grand hasard.

Affectueusement à vous

Jean-Paul

Toujours pas reçu mon caoutchouc.

Le 13 janvier 1918

EcoleArtillerie

Insigne de l’école d’artillerie de Fontainebleau

Fontainebleau, le 13 janvier 1918

Chère Tante,

J’arrive enfin à t’écrire un peu plus longuement. En raison de cette malheureuse consigne pour la scarlatine nous avons perdu beaucoup de temps, étant donné que nous n’avons pas pu suivre nos instructions. Aussi cette semaine nous avons eu le double travail et en plus de cela la préparation de l’examen probatoire. Les examens ont fini hier et quoique nous ne sachions pas encore les résultats, je crois avoir réussi. Mes solutions sont justes ! Ce n’était pas trop difficile ! Néanmoins il y a beaucoup de mes camarades qui n’ont pas fait grand-chose !

Au reste nous avons beaucoup de travail. Je ne sais pas si je t’ai remercié pour le colis, chère Tante. As-tu reçu le chandail que j’ai expédié ?

J’ai de bonnes nouvelles de Charles qui comptait partir en Alsace avec sa batterie. Et Georges a-t-il rejoint son escadrille ? Dans quel région est-il ? Jean comment va-t-il ? J’espère que mes lignes vous trouveront tous en bonne santé.

Gros baisers à vous tous.

Jean-Paul

Le 10 janvier 1918

Fontainebleau1Fontainebleau, 10 janvier

Chers Oncle et Tante

Viens de recevoir votre colis et vous remercie. Les provisions m’ont fait bien plaisir ; surtout qu’elles ne sont pas superflues, rapport au travail intensif que nous fournissons ! Au reste le temps est détestable. Bien affectueusement à vous tous.

Votre dévoué neveu.

Jean-Paul

123456...51

CARNETS DE GUERRE

Carnet

Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

Mois après mois

PAGE FACEBOOK

ARCHIVES EUROPEENNES

Europeana

Page consacrée à Jean-Paul Hédrich sur le site européen des archives de la guerre de 14-18
http://europeana1914-1918.eu/fr/contributions/14458

JPHM200814

Jean-Paul à Mulhouse en août 14

JPHsept14

Jean-Paul à Lyon en septembre 1914

JPH_Grenoble

Jean-Paul à Grenoble mars 1915

JPH118

Jean-Paul à la Rochelle février 1916

JP_mars18a

Jean-Paul en permission Lyon décembre 1917


Tradern mum |
Quideroulelefil |
Geneamoi |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Happylife59
| Comparatif orthodontistes à...
| Tribulationsdunemamanquidec...