Page d'archive 47

Dimanche, le 4 avril 1915 Pâques !

A midi nous sortons boire le café. On rigole jusqu’à 2h, sur ce : abreuvoir. Je passe la soirée en ville et soupe à la « Boulangère ».

Samedi, le 3 avril 1915

La nuit s’est bien passée. Le matin, revue par le capitaine. Le soir, revue de chevaux.

 

Vendredi, le 2 avril 1915

Matin, balade des chevaux à 3 km de la ville. Nous montons à « poils », mon porteur craint l’éperon. En général mes deux chevaux sont très vifs. Le soir je suis de garde écurie.

Jeudi, le 1er avril 1915

Attelage75

Attelage d’artillerie

Le matin on nous désigne nos chevaux : Charles, Edouard et moi sommes à la même voiture. Charles comme conducteur de devant, Edouard du milieu et moi derrière. Nous avons les trois plus beaux chevaux. A 10h j’écris une lettre à Ginette. L’après-midi abreuvoir. J’ai deux chevaux étrangers : mon porteur « Pacha » est un canadien tandis que notre sous-verge est argentin. Je l’appelle « Sultan ». Notre batterie, la 66ème , s’organise petit à petit. Nous faisons définitivement partie du 2ème . Outre les cinquante à soixante conducteurs du 54ème il y en a encore une cinquantaine du 32ème de Valence. Nos servants sont du 11ème de Briançon. Le soir j’écris des lettres à Lyon. Notre capitaine est arrivé aujourd’hui. Il est d’Epinal du 8ème de forteresse, il est très gentil.

* L’attelage pour le canon de 75 est constitué de 6 chevaux disposés sur 2 files. Les chevaux de la file de gauche sont désignés sous le terme de porteurs et sont montés chacun par un cavalier. Les chevaux de la file de droite  sont désignés sous le terme de sous-verge. Le rôle du cavalier sur porteur de devant est principalement d’assurer la direction général de l’ensemble mais également de participer à l’effort de traction avec sa monture et son sous-verge de devant. Le rôle du cavalier sur porteur de derrière est principalement d’assurer le contrôle de la traction et la régulation de la vitesse avec sa monture et son sous-verge de derrière (NDLR).

Mercredi, le 31 mars 1915

Chevaux_2_artillerie

Grenoble – 2ème d’artillerie

La nuit nos tentes individuelles nous rendent de grands services comme sacs de couchage. Nous dormons très bien.  A l’appel du matin à 6h, notre aspirant nous organise par pièce de 12 conducteurs. Nous sommes ensemble à la 4ème .

Matin : abreuvoir.

Soir : idem.

A 6h je vais prendre un bain ensuite je vais souper avec Pialloux et Besson à la « Boulangère ». Après avoir bien brichtonnés nous rentrons lentement au quartier.

Mardi, le 30 mars 1915

AbreuvoirLe matin nous épluchons des pommes de terre. Après la soupe nous allons faire l’abreuvoir des chevaux qui nous serons affectés sous peu. Le soir nous allons rigoler en ville.

Lundi, 29 mars 1915 – Arrivée à Grenoble.

Grenoble2

Caserne du 2ème d’artillerie à Grenoble

Après avoir fait nos paquetages et tous nos préparatifs de départ, le colonel du 54ème nous passe en revue. Peu s’en fallait que nous ne partions pas étant donné que le colonel nous trouve trop jeunes, moi particulièrement mais je lui dis que je suis de la classe 1914 et ça colle. Toute la Vitriolerie nous acclame à notre départ. En passant rue de la Méditerranée nous disons au revoir aux Lutzius qui sont sur le balcon. Le voyage se passe bien. A Grenoble nous sommes logés au quartier du 2ème d’artillerie dans un genre d’écurie sur la paille. Nous sommes huit bons copains sept de l’ancien peloton A, plus Fourrer du peloton B. Ce sont d’abord notre ami Faure puis Pialloux, Maillon, Ronat, Besson et nous deux, mon frère et moi. Au total nous sommes environ 10 du 54ème . L’entourage n’a pas l’air très sympathique aussi nous nous en méfions. Nous faisons un bon souper à la cantine et revenons au quartier à 9h après avoir fait un tour en ville et écrit quelques cartes. Aujourd’hui exactement 7 mois qu’on s’est engagé !

Du 24 février au 29 mars 1915

Interruption du journal

Pendant toute cette période Jean-Paul Hédrich n’a pas tenu son journal ou son carnet ne nous est pas parvenu. Il est  toujours à Lyon, canonnier au 54ème d’artillerie.

Du jeudi 10 février au mardi 23 février 1915

Pattedecol

Patte de col du 54ème (Archive familiale)

Tout se passe normalement. Le lieutenant nous appelle et nous dit que notre demande de changement de nom a été refusée malgré toutes les démarches. Il n’y aurait maintenant que deux voies régulière à suivre.

1)      Changer de nom par des voies judiciaires ce qui serait bien trop coûteux et trop long.

2)      Faire une demande pour permuter dans les troupes d’occupation du Maroc.

Autrement nous aurions beaucoup de risque quoiqu’en partant au feu nous puissions laisser notre livret à Lyon et nous faire une plaque avec notre pseudonyme. Ceci ne serait qu’un couvert relatif étant donné qu’étant fait prisonnier nos camarades nous sachant alsaciens pourraient nous trahir par suite de privation que les Boches leur feraient encourir pour découvrir les déserteurs. Cette ignominie s’est parait-il déjà passée. Les risques d’être découvert seraient donc grands sous bien des rapports de sorte que la décision à prendre est grave. Aussi le lieutenant nous laisse-t-il le temps d’y réfléchir et d’en parler à nos oncles et tantes. Il ne s’agit pas de prendre une décision à l’aveuglette. S’il ne s’agissait que de moi je préférerais beaucoup me battre contre les boches tout en envisageant tous les risques que j’encoure mais c’est nos parents qui pourraient subir les conséquences graves qui résulteraient d’une décision prise à la hâte. Agissons donc d’une façon réfléchie.

Lundi 8 février 1915

Nous pensions bel et bien faire l’étape en voiture comme garde descendante. A la dernière minute on nous dit que nous la ferons à pied. Nous ne sommes pas contents n’ayant pas pris nos dispositions pour faire une étape de 30 km. Nous n’avons pas plié nos manteaux aussi comme il pleuvait pendant tout le temps nos manteaux étaient d’une lourdeur effrayante. C’est l’étape qui était je trouve la plus dure. Aussi à Vienne j’étais tout à fait fourbu. Heureusement que nous sommes bien logés chez Mr Friard, propriétaire. Après la soupe nous allons un peu nous reposer.

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CARNETS DE GUERRE

Carnet

Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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Page consacrée à Jean-Paul Hédrich sur le site européen des archives de la guerre de 14-18
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Jean-Paul à Grenoble mars 1915

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Jean-Paul Sous-Lieutenant en juillet 1918


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