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Lundi, le 8 avril 1918

Canon155c1aSt Etienne (Aube)

Chers Oncle et Tante,

C’est hier, dimanche que je suis arrivé à mon nouveau groupe, le 7/107. Je vous adresse à la hâte ces quelques lignes pour nous dire que j’ai été l’objet d’un accueil charmant de la part des officiers du groupe. Je mange avec eux et suis somme toute considéré comme officier. Le capitaine Carny, commandant provisoirement le groupe est très sympathique. Il m’a affecté à la 20ème batterie sous les ordres du lieutenant Dessailly. D’autre part il y a deux sous-lieutenants à ma batterie dont l’un commande la batterie en l’absence du lieutenant. Il ne me reste plus qu’à faire la connaissance du lieutenant et j’espère qu’il est aussi chic que les autres !

La batterie même est formée d’éléments très disparates. La majorité des hommes viennent de batteries de crapouillots dissoutes. Nous avons en outre reçu des renforts de jeunes de la classe 18 et attendons même un de ces jours un contingent d’hommes malgaches !!!

Je m’occupe pour le moment de l’instruction de ces hommes et ai beaucoup de travail en prévision, car ils ne connaissent pour ainsi dire rien du matériel du 155 Schneider !

J’ai trouvé une chambre dans le patelin et suis très bien installé !

L’officier orienteur du groupe, le s/lieutenant Muguet est de Lyon. Le connaitriez-vous par hasard ?

Je termine, chers Oncle et Tante, en vous embrassant affectueusement ainsi que toute la famille.

Votre dévoué neveu

Jean-Paul

Nouvelle adresse : Aspirant Malherbe
7e groupe du 107 RAL
20ème batterie

Mercredi, le 3 avril 1918

GrandeChapelleChers Oncle et Tante

Je suis définitivement affecté au 7ème groupe du 107e RAL. C’est un nouveau groupe en formation que je vais rejoindre dimanche prochain. Il cantonne à une dizaine de kilomètre d’ici. En attendant nous continuons à suivre une instruction assez intéressante. Je vous prierai de me faire suivre mes lettres à ma nouvelle adresse et de me faire parvenir mes bottes anglaises que vous avez dû recevoir. Je ne connais pas encore mes futurs officiers mais vous donnerai mon impression dès mon changement. J’attends toujours le mandat en question ! (le courrier à l’air de marcher rudement mal ici !) Affectueux baisers à vous tous.

Jean-Paul

Dimanche, le 31 mars 1918

GrandesChapelles1Bien chers Oncle et Tante,

Je suis arrivé à bon port ce matin, après un voyage assez pénible en raison de la foule des émigrés de Paris, de Châlons et de la Somme qui ne sont pas faits pour améliorer la crise des transports. J’ai passé la nuit à Troyes et ce matin j’ai rejoint le C.O.A.L. qui se trouve dans un pays perdu dont cette carte représente la rue la plus importante ! Voyez d’ici !!! Enfin j’ai de nombreux collègues et nous tâcherons de faire passer le temps que nous allons rester ici aussi agréablement que possible ! J’ai immédiatement vu le vaguemestre qui m’a dit qu’il y a de grandes chances que mon mandat adressé à Arcis ne me parvienne que d’ici dix jours. Je te serai donc obligé, cher Oncle, de m’expédier un autre mandat à l’adresse suivante : Asp. M./C.O.A.L. 109e RAL 66ème batterie SP 29bis. Cet argent me sera d’ailleurs toujours vital étant donné que j’ai beaucoup de choses à m’acheter encore !

Avez vous reçu les deux colis que je vous ai adressé de Bleau ?

Affectueux baisers à vous tous. Votre dévoué neveu.

Jean-Paul

Vendredi, le 29 mars 1918 – Permission supprimée

Telegramme

Jeudi, 28 mars 1918

FontainebleauMars1918a

La 67ème brigade de l’école militaire de Fontainebleau (mars 1918)
- Jean-Paul sous la croix -

Bien chère Tante,

Nous venons d’avoir une vive déception. Nous avions nos permissions en poche et tout prêt à partir, lorsqu’une dépêche ministérielle vint subitement à midi troubler notre heureuse perspective et faire tomber nos projets à l’eau. Nous devons probablement rejoindre nos affectations dès demain. Tu vois, chère Tante, nos têtes nous qui étions tous prêts ! Mes bagages ont été enregistrés ce matin même pour Perrache et j’ignore s’ils ont été arrêtés.

Les probabilités que ce décret soit annulé sont très faibles ; aussi je n’espère plus être des vôtres pour Pâques ! Et dire que j’étais certain ce matin d’être à Lyon vendredi matin.

Nous ignorons les causes de cette suppression de permission subite ; mais tout fait supposer que ce soit les évènements actuels du front qui motivent ce fâcheux contretemps !

Nous sommes tous navrés ! Et voilà que je vais rejoindre Arcis-sur-Aube immédiatement pour partir dans une formation du front ensuite !

Dès que je serai arrivé au COAL* d’Arcis, je vous écrierai et vous donnerai mon adresse.

Je termine, chère Tante, en vous souhaitant de bonnes fêtes de Pâques sans pouvoir vous faire espérer mon arrivée.

Gros baisers à vous tous.

Jean-Paul

P.S. Georges Tournier m’a prié de l’excuser auprès de vous. Son train a eu un retard considérable lundi et il ne s’est arrêté qu’une heure à Lyon.

* Centre d’Organisation de l’Artillerie Lourde

Le 25 mars 1918

ManuelGradeFontainebleau, le 25 mars 1918

Bien chère Tante

Un mot à la hâte pour vous dire que notre classement a eu lieu ce matin. Grâce à ma place de 57 sur 200, j’ai pu choisir un centre d’organisation à Arcis-sur-Aube ! Je crois que j’y serai très bien. C’est un centre de canons de 105 ; cela me plait mieux que de retourner dans le 155.

Hier j’ai passé la journée à Paris. Vous avez d’ailleurs dû voir Georges Tournier qui vous a certainement raconté nos journées passées ensemble, ainsi que les évènements de Paris, rapport à la pièce de 240 qui bombarde la capitale à intervalles réguliers. Les parisiens ne sont guère rassurés, aussi il fût curieux de constater hier soir que de nombreuses personnes firent la queue aux guichets des gares pour se réfugier en province !

Enfin, je vous raconterai tout cela en détails samedi, jour, où je débarquerai à Perrache par le train de 6h1/2 !

Affectueux baisers à vous tous. Votre dévoué

Jean-Paul

Le 21 mars 1918

EcoleFontainebleau

Ecole d’artillerie de Fontainebleau

Jeudi soir,

Chère Tante,

Suis en possession du paquet contenant le pain d’épice et le chocolat. Merci de tout cœur pour tout cela. Suis toujours en excellente santé. Il me tarde seulement d’être des vôtres pour prendre un peu de repos après les trois mois de travail. Edouard se porte toujours à merveille et me charge de ses bons souvenirs  pour vous tous.

Affectueux baisers.

Jean-Paul

Le 18 mars 1918

Fontainbleau4Fontainebleau, lundi matin,

Bien chère Tante,

Suis heureux d’apprendre par ta gentille lettre que la 1ère communion d’Emma n’a lieu que le 31 cr ; je serai certainement des vôtres à cette date. J’ai passé hier une excellente journée à Paris en compagnie de mon ami Georges Tournier et le verrai encore samedi et dimanche prochain. Sa permission finit dimanche soir. En regagnant l’Italie, il est obligé de s’arrêter un jour à Lyon aussi je lui ai donné votre adresse car il ne connait personne à Lyon. Je crois qu’il arrive à Perrache le matin à 9 heures et qu’il en repart à 16 heures. Enfin je vous confirmerai sa visite d’ici là. Recevez de gros baisers de votre dévoué

Jean-Paul

Le 11 mars 1918

FontainebleauMars18

Photo de Jean-Paul

Fontainebleau,

Bien chère Tante,

Un mot pour te remercier de tes bonnes lettres. La dernière reçue aujourd’hui m’a fort surprise par la nouvelle de la présence de Jean parmi vous ! Il doit être navré de ce fâcheux contre-temps, lui qui s’attendait de venir à Bleau !

J’ai omis de vous dire dans mes dernières missives que j’avais vu Bovet l’autre jour. C’est un très gentil garçon et il pense bien réussir. Il est arrivé à l’école en même temps qu’Edouard, le 18 février. Demain arrive une autre cession d’élèves aspirants !

Quant à nous, nous ne sommes toujours pas fixés sur le jour de notre sortie. Cependant tout porte à croire que nous ne sortons que le 28 cr ! C’est bien regrettable car j’aurai bien aimé être des vôtres pour la 1ère communion d’Emma le 24 cr. !

Il fait actuellement un temps merveilleux et j’espère que cela durera encore pendant le reste de mon séjour ici.

Je termine en vous embrassant tous bien affectueusement sans oublier Jean. Gros baisers à vous tous.

Jean-Paul

Paris, le dimanche 10 mars 1918

MandatBien cher Oncle,

Merci de tout cœur pour ta gentille lettre et le mandat reçu hier soir. Je t’écris ces quelques lignes pour t’en accuser réception.

J’ai été surpris d’apprendre que Jean avait été réformé et j’espère que cela ne lui fait pas trop de peine ! C’est un fâcheux contre temps surtout qu’il était à la veille de rentrer à Bleau. D’autre part j’ai été heureux d’apprendre que la foire battait son plein à Lyon et que le beau temps vous favorisait.  Ici le beau temps s’était également remis au beau !

Aujourd’hui je passe ma journée à Paris. Cela change un peu avec l’école de Bleau. Je termine, cher Oncle, en te priant d’excuser mon écriture car j’ai une plume détestable. Gros baisers à tante Jeanne qui j’espère est remise de sa grippe ainsi qu’à Emma et Paul.

Ton dévoué neveu qui t’embrasse.

Jean-Paul

P.S. Paul a-t-il développé les photos prises lors de notre dernière perme ?

 

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CARNETS DE GUERRE

Carnet

Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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Jean-Paul à Grenoble mars 1915

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JP_mars18a

Jean-Paul en permission Lyon décembre 1917

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Jean-Paul Sous-Lieutenant en juillet 1918


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