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Mardi, le 17 avril 1917 – L’attaque des Monts de Champagne

PrisonniersAllemandsJour J, autrement dit jour de l’attaque. La nuit fut agitée ! En raison du mauvais temps, impossible de tirer les obus asphyxiants préparées en vue de l’attaque ! Le soir nous recevons les échos de bonnes nouvelles. Nous aurions attaqué sur une grande étendue au nord de Reims avec succès ?! la nuit. Vers le matin nous ouvrons également le feu. L’attaque doit se déclencher à l’aube aussi nous attendons cette minute avec angoisse ! Le temps persiste malheureusement à rester à la pluie !

Vers 7h1/2 les premiers convois de prisonniers témoignent de la réussite de l’attaque. Les fantassins qui les mènent vers l’arrière nous disent que leurs camarades sont en troisième ligne boche. Quant aux prisonniers il est impossible de s’imaginer dans quel état piteux ils défilent. Des faces déprimées par la fatigue, des yeux hagards, des joues enfoncées, répugnants de saleté disent assez leur pitoyable misère. Leurs vêtements sont en loques, déchirés et souillés par une épaisse couche de boue. La grande majorité se compose de gosses de 17 à 19 ans. Décrire la joie que j’éprouve en voyant des soldats boches à moitié mort de faim, se traînant à peine n’est pas chose facile ! Eux qui sont les auteurs de tant de crimes. Aucune peine ne doit être trop dur pour eux ! La division marocaine se charge d’ailleurs de régler leur compte à ces vandales. Ils avouent eux-mêmes que la moitié des Boches ont été tués après avoir levé les bras crié « camarades ». Ils assouvissent ainsi les rancunes.

A 9 heures la 1ère section poursuit son tir avec la charge 00 à 7800 m environs. La pluie tombe toujours !

Les communiqués nous donnent le soir et le lendemain des détails plus précis. La bataille s’est élargie. Elle avait commencé la veille au nord de Reims entre cette ville et Soissons. Nous avons enlevé la première ligne sur une étendue de 40 km et la seconde en plusieurs points importants. 10 000 prisonniers. Quant aux résultats de notre attaque aujourd’hui, ils sont aussi prometteurs que merveilleux. Le front d’attaque assigne à notre armée – la 4ème – que commande le général Anthoine était marquée à l’extrême gauche par le village de Prunay et à l’extrême par Aubérive-sur-Suippes soit 15 kilomètres. L’attaque fut déclenchée à 4h45. Deux heures après le général Pétain qui commande les armées du centre droit apprenait que les formations d’assaut avaient atteint le mont Cornillet, le mont Haut, le bois du Marteau, le bois Noir et enfin le mont Sans nom qui se trouve en face de nous – tout en cueillant à leur passage des prisonniers par paquets. De leurs nouvelles positions ils avaient vue sur Moronvillers et Nauroy. Nos 75 étaient entrés rapidement dans la danse. En face de nous et sur notre droite au Nord-Nord-Est la lutte se termina également à notre avantage. Aubérive tombait entre nos mains ! Sur certains points nous avons gagnés six km en profondeur et 500 prisonniers.

Dimanche 15 avril 1917 et jours suivants.

Canon155c10Bombardement intermittent.

Vendredi, le 13 avril 1917

Canon155Temps clair mais toujours froid. Le matin simulacre d’attaque !

Jeudi, le 12 avril 1917

Canon155c8Nous poursuivons intensivement le bombardement

Mercredi, le 11 avril 1917

CanonNuitLe temps est toujours anormal. En moins de huit heures, nous faisons un tir de barrage au clair de lune, nous assistons le matin à une tempête de neige venant tout embrumer sans rien interrompre. A midi il fait grand soleil. Le soir le vent souffle en tempête ! En dépit de ce temps détestable nous tirons plus de 900 coups dans la journée. Les nouvelles sont merveilleuses : les Anglais déclenchent une offensive superbe aux alentours d’Arras. Ils dégagent, le premier jour, complètement Arras et font 11 000 prisonniers et prennent cent canons.

Mardi, le 10 avril 1917

Canon155c8Toujours temps détestable. Le vent est froid. Depuis près de trois jours, au frémissement des régiments en marche, à l’allure pressée des convois, à l’ampleur des parcs d’artillerie nous connaissons les apprêts d’une offensive. Le commencement du bombardement se déclenche dans l’après-midi. Jusqu’à 3 heures c’était la vie banale du front. La canonnade grondait vers le Nord surtout. A présent c’est la canonnade assourdissante. Tout l’horizon est découpé d’une masse de fumées et des éclats de la terre. C’est la répétition de l’offensive de la Somme.

Lundi, le 9 avril 1917

ObservateurTemps détestable : pluie et neige !

Dimanche, le 8 avril 1917

Canon105La semaine s’est passée normalement. Aujourd’hui jour de Pâques, temps splendide. Dans l’après-midi réglage de ma pièce en un seul coup !

Lundi, le 2 avril 1917

AbrisNous travaillons encore à notre abri. Le Maréchal des logis Bouchier nous fait un aide précieux ! Vers 10h du soir, mise en batterie de ma pièce.

Dimanche, le 1er avril 1917

Mise en batterie1Nous aménageons un abri pour nous le soir, mise en batterie de la première section sous la pluie !

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CARNETS DE GUERRE

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Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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