Page d'archive 51

Jeudi, le 20 Août 1914

CafeMoll

Le Café Moll à Mulhouse

Je me lève à 7 heures. Après le déjeuner je vais chercher de la viande à la place de la Réunion. Celle-ci est gardée militairement. Grâce à ma Croix-Rouge, j’arrive à faire mes achats. A 8h1/2 je vais avec Papa à l’Orphelinat de Dornach.

Auparavant nous voyons comment les soldats emmènent les allemands : le maire Mr Cossmann, de Kreisarz et beaucoup d’agents de police !

Au pont de Galfingue nous sommes arrêtés par des troupes qui entrent en ville. Des régiments entiers ont déjà défilés toute la nuit parait-il.

Arrivés chez les sœurs, nous rencontrons une quarantaine de « Sanitäter » qui sont là depuis hier à 3 heures et que les sentinelles n’ont pas laissé entrer en ville. Les sœurs ont été obligées de les nourrir ! Ils sont tout heureux de pouvoir rentrés car nous disons que les sentinelles étaient parties !

A l’hôpital il y a environ trente blessés. Charles et Edouard Schmerber nous aident pour les panser. C’est un travail long. 4 sont éliminés pour être transporté au Hasenrain car ils sont grièvement blessés. Poursuivre la lecture ‘Jeudi, le 20 Août 1914′

Mercredi, 19 Août 1914

Reoocupation

Réoccupation de Mulhouse le 19 Août 1914

Nuit calme. Je me lève vers huit heures. A 8h1/4 passent 4 chasseurs à cheval allemands qui vont vers le faubourg de Belfort. 5 minutes après ils s’enfuient au galop par le fossé ; mais à peine deux minutes se passent qu’arrivent une trentaine de chasseurs à cheval français. Ils passent devant chez vous et vont à la mairie. Le Lieutenant entre et peu de temps après Mr Zündel ressort et annonce que l’armée française a donné l’ordre de fermer les fenêtres et d’ouvrir les volets dans toute la ville !

Je rentre le dire à la maison. Au retour à la mairie les chasseurs sont partis et j’apprends qu’ils ont rencontré des allemands au pont de Riedisheim. Un français a été blessé. Je vais ensuite à la place du Nouveau-Quartier et vois arriver plusieurs compagnies d’allemands de Riedisheim qui vont occuper la mairie. Peu de temps après passent environ un régiment d’artillerie et d’infanterie allemande par la rue du Sauvage, le faubourg de Colmar et la rue Franklin. Il y a aussi plusieurs gros canons parmi eux. A 10h1/4 la canonnade commence du côté de Pfastatt. Des troupes allemandes venant du faubourg de Belfort passe par le fossé. Le canon tonne de plus en plus fort. Tout à coup à 11h1/2 les allemands se retirent au grand galop. Poursuivre la lecture ‘Mercredi, 19 Août 1914′

Mardi, le 18 Août 1914

Lokal

Numéro du « Lokal-Anzeiger »

Je me lève vers 8 heures après une nuit très calme. A neuf heures je vais avec Charles et Edouard Schmerber rue Magenta. Papa n’a pas pu venir aujourd’hui. Nous faisons les pansements et assistons au massage de plusieurs de nos blessés par M. Schnell. Nous causons avec nos blessés jusqu’à 10 heures. Je rentre ensuite et peu de temps après Georges vient me chercher. Il m’annonce qu’il y aura probablement une bataille entre Illzach et Ensisheim 10 000 allemands doivent être cernés aujourd’hui encore. D’autre part on dit que les Français auraient pris Neubrisach. Georges et moi allons à pied à Burzwiller pour voir encore une fois cet acte de vandalisme des teutons. Les routes sont très sales par ces dernières pluies. Nous sommes très émotionnés en écoutant les récits des habitants de Burzwiller. Ils sont tous innocents. Ils racontent que ces allemands sont pires que des Vandales et des Huns. Ils incendient même les maisons de ceux qui ont été appelés sous les drapeaux Le tout s’est parait-il ainsi : Un hussard a culbuté à Burzwiller avec son cheval dans la nuit de vendredi au samedi. Pour tuer son cheval qui était grièvement blessé, il lui tire un coup de revolver dans la tête. Au même moment un groupe de soldats allemands croyant que c’était un ennemi qui tirait sur eux, tuent le hussard par une salve. D’autres soldats allemands croyant que c’était des civils qui avaient tué le hussard se mettent maintenant à tirer sur le premier groupe des soldats. Et voilà les raisons pour lesquelles ils ont incendié tout un village ! On ne se dirait pas au XXème siècle. Poursuivre la lecture ‘Mardi, le 18 Août 1914′

Lundi, le 17 Août 1914

GareMulhouse

Gare de Mulhouse

Il a plu pendant toute la nuit. Je me lève à 6h1/2. Après le déjeuner j’écris mon journal jusqu’à 8 heures. Maman prétend avoir entendu siffler les locomotives cette nuit et m’envoie voir à la gare. J’y vais cependant tout est délaissé. Maman a dû se tromper car la gare est toute vide à l’intérieur ! Je rentre et repars avec Papa rue Magenta à pied à 9 heures. Nous soignons tous les blessés qui se portent à merveille.

Poursuivre la lecture ‘Lundi, le 17 Août 1914′

Dimanche, le 16 Août 1914

Deimling

Général Deimling

La nuit était très calme. Je me lève seulement à 8 heures. Après le déjeuner je vais avec Papa rue Magenta. Nous soignons les blessés. Le nouveau malade à une phlébite. La sœur nous offre un apéritif. Un Feldwebel nous annonce ensuite qu’on avait vu une patrouille française de 10 hommes en ville et qu’un commandant avait donné l’ordre à tous les blessés allemands capables de marcher de se sauver Müllheim. Nous allons ensuite faire une course à Dornach et rencontrons sur le pont de Galfingen une patrouille de 4 dragons allemands. Ils nous arrêtent et nous demandent des renseignements pour se sauver le plus vite possible vers Müllheim. Ils disent avoir perdu leur régiment. On voit bien qu’ils ont une sale peur des Français. ! En ville il n’y a plus de soldat. Les sentinelles ont quitté leur poste à la mairie. Un officier allemand a déclaré à Mr Brazis « Wir haben bei Willern eine blutige Niederlage erlitten » (Nous avons subi une défaite sanglante à Willern (Romagny)). Poursuivre la lecture ‘Dimanche, le 16 Août 1914′

Samedi, le 15 Août 1914

Reiningen

Village de Reiningen à l’église brûlée

A trois heures du matin juste, le canon nous réveille. En même temps un orage éclate. Je me lève à 6 heures. A 7 heures nouveaux coups de canon toujours dans la direction de l’Illbad et aussi de Burzwiller. On a tiré le matin de bonne heure sur des dragons allemands là-bas à Burzwiller. Trois ont été tués. Aussitôt tout le village a été incendié avec défense d’éteindre. 15 jeunes gens coupables, parait-il, ont été aussitôt fusillés. Papa et moi allons après le déjeuner au Nord Bahnhof voyons de la fumée de loin. La fabrique Cuneil brûle. Nous rentrons et faisons en route quelques provisions. La bataille d’hier s’est livrée à Spechbach et a été meurtrière. A Reiningen où les allemands ont brûlé l’église et tout le village. Ils ont été inhumains. Le maire a été arrêté et on lui interdit de sauver son bétail. Le curé de Horburg a été attaché sur un canon et amené ainsi la prison de Mulhouse. Poursuivre la lecture ‘Samedi, le 15 Août 1914′

Vendredi 14 Août 1914

Ambulance

Auto de la Croix-Rouge

Je me lève à 6 heures du matin pour compléter mon journal. A 7h1/2 je déjeune et vais faire des courses en auto avec Papa. Nous allons à la recherche de benzine. A 9 heures nous allons rue Magenta où nous pansons les blessés qui sont tous en état de convalescence. Nous sommes de retour à 10 heures. Maman et France nous raconte qu’elles ont vu Mr Geiger en ville. Il leur a dit qu’il y avait hier une bataille à Sainte-Marie et que les allemands avaient été battus ? Peu de temps après à 10h1/2 Georges Tournier vient me chercher. En même temps nous recevons une carte d’oncle Georges de Lyon datée du 31 juillet disant que tout va bien. Nous sommes étonnés de recevoir une carte de France !

En ville je rencontre encore Roby Pjenninger qui est très pessimiste. L’agitation en ville est très grande. On parle d’une bataille près de Belfort. J’accompagne Georges jusqu’au pont d’Altkirch et rencontre au retour encore Kueny. Poursuivre la lecture ‘Vendredi 14 Août 1914′

Jeudi, le 13 Août 1914

RueduSauvage

Rue du Sauvage – Mulhouse

Je me lève à 7h1/2 après avoir passé une bonne nuit. A 8 heures j’accompagne Papa rue de Habsheim où nos blessés se portent très bien. Nous soignons encore ceux de la rue Magenta et rentrons à 10h1/4. Je vais faire des commissions pour Maman. En ville il n’y a rien de nouveau, si ce n’est l’agitation provoquée par la multitude de militaires qui a envahie la ville ! Il n’y a plus que des soldats partout et c’est très étonnant que nous n’ayons pas à les loger. Leur quartier général est Mulhouse, ils s’en font un camp. On ne sait rien sur les opérations militaires, va et vient de régiments d’autos de Mulhouse à Altkirch et vice et versa. Il en passe une quantité innombrable. A 11 heures je vais me promener avec Kueny. En ville je rencontre aussi Georges. La rue du Sauvage est un vrai camp. Poursuivre la lecture ‘Jeudi, le 13 Août 1914′

Mercredi, le 12 Août 1914

Strassburger

Numéro du « Stassbürger Zeitung »

Minuit il a dû y avoir quelques coups de canon et de nouveau à 6h1/2 du matin, mais pas longtemps de suite. Ils étaient dirigés, croit-on, sur des aéroplanes français ?

L’empereur d’Allemagne a fait affirmer en ville un télégramme pour remercier Dieu et les troupes se leur premières victoire (il s’agit de la bataille de dimanche où les Allemands sont en plus de pertes que les Français).

Après m’être levé, je déjeune à 7h1/2. A 8 heures je pars avec Papa rue de Habheim. Nous refaisons plusieurs pansements et allons à 9 heures rue Magenta. Poursuivre la lecture ‘Mercredi, le 12 Août 1914′

Mardi, le 11 Août 1914

Rue Magenta

Rue Magenta – Mulhouse

Le grand calme prévu pour la dernière nuit a été troublé avant 10 heures du soir par une décharge sérieuse et ceci dans tous les quartiers. Ici tout près de chez nous, fusillade et les projectiles pleuvaient. Nous descendons vite à la cave. Papa et moi remontons toutefois après un quart d’heure, malgré que la fusillade n’ait pas cessée. Nous nous couchons et dormons mais sommes réveillés à nouveau vers minuit. Des soldats passent par les rues et crient « Alles Auf » et il faut ouvrir fenêtres et volets de toute la maison et faire de la lumière dans les chambres. Les soldats les voisins à tout ouvrir et ceux qui ne s’exécutent pas rapidement sont houspillés. Jusqu’à une heure nous attendons aux fenêtres ouvertes alors seulement on nous autorise à fermer les fenêtres mais en laissant brûler les lumières. Nous nous couchons et dormons assez bien le reste de la nuit.

Aujourd’hui mardi je vais avec Papa rue de Habsheim à 8 heures après le déjeuner. En route nous voyons dans la rue d’Alsace les agents de police très nombreux et uniforme. Poursuivre la lecture ‘Mardi, le 11 Août 1914′

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CARNETS DE GUERRE

Carnet

Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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Jean-Paul à Mulhouse en août 14

JPHsept14

Jean-Paul à Lyon en septembre 1914

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Jean-Paul à Grenoble mars 1915

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Jean-Paul à la Rochelle février 1916

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Jean-Paul en permission Lyon décembre 1917


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