Page d'archive 6

Le 6 février 1918

Fontainebleau1Chère Tante

Un mot pour te donner signe de vie et t’accuser réception du dernier colis, contenant le pâté et le chocolat. Merci pour tout cela ! Ici toujours beaucoup de travail. Pas une minute à nous ! Beaucoup d’exercices physiques surtout. Edouard m’a prévenu qu’il vient me rejoindre le 18 courant. Je vous embrasse très affectueusement

Jean-Paul

Le 31 janvier 1918

Lettre19180131Fontainebleau, le 31 janvier 1918

Un mot pour te dire que je suis toujours en excellente santé. Toujours beaucoup de travail. Beaucoup d’instructions extérieures ! De 6 heures du matin à 6 heures du soir pas un instant de répit et le soir on est obligé de revoir les cours pour se tenir au courant. Aujourd’hui nous avons eu une composition de balistique que j’ai bien réussi. J’ai enfin reçu mon caoutchouc. Il n’est pas trop tôt. Il est resté en route exactement 3 mois 1/2 . J’en suis bien content. Bien affectueusement.

Gros baisers.

Jean-Paul

Le 28 janvier 1918

Fontainbleau4Fontainebleau, le 28 janvier 1918

Chère Tante,

Merci de tout cœur pour ta longue lettre à la quelle était jointe la carte de Maman. J’ai été bienheureux de revoir son écriture et de les savoir en bonne santé. La lettre de Tante Emma leurs a fait bien plaisir leur a donné quelques instants de bonheur dans leur grande misère. Excusez-moi de ne pouvoir vous écrire plus longuement mais je suis réellement très occupé. Quant à l’opinion de Bobette, il n’en est rien. Je suis toujours aussi bien portant ! Elle a dû rêver que j’avais maigri !

Je ne sortirai de l’école que les derniers jours de mars. La session du 12 mars n’a aucun rapport avec la nôtre. Il y a des sessions continuellement et plusieurs à la fois. Merci de tout cœur pour le paquet. Les cervelas sont épatants quant aux sardines je n’y tiens pas particulièrement. Affectueux baisers.

Jean-Paul

Lundi, le 21 janvier 1918

PhotoMulhouseFontainebleau, le 21 janvier 1918.

Lundi midi

Bien chère Tante,

Je viens de recevoir ta longue et gentille lettre du 18 courant et t’en remercie de tout cœur. Je suis heureux de savoir que Charles est en Alsace et je comprends sa joie !

Hier j’ai déjeuné à Meudon chez Madame Binder. Le fils ainé est passé s/Lieutenant ; quant au plus jeune, il va bien parait-il. Je ne l’ai pas vu, car il était invité chez un de ces amis. Les demoiselles vont très bien et l’une d’elles s’attend à partir incessamment dans une ambulance en Alsace comme infirmière. Madame Binder m’a également montré une photographie de Mulhouse prise par avion. On distingue très bien les rues de Mulhouse et notre maison. Je t’assure, chère Tante, que c’est une drôle d’impression de voir cela !

Dans l’après-midi je suis allé chez les Tournier, où j’ai vu Jacqueline Baky ainsi que Mr Tournier. Quant à Georges Tournier, il était en permission il y a une dizaine de jours et je suis vraiment désolé de l’avoir manqué à si peu de jours près !

Avant de reprendre le train, je suis allé voir Bobette, qui se porte toujours très bien. Elle fait dire le bonjour à Emma. Autrement rien de neuf, beaucoup de travail. Mais c’est moins pénible car le temps s’est bien radouci !

Aujourd’hui nous avons malheureusement la pluie et nous avons de l’école à feu pendant toute l’après-midi ! Je suis heureux de savoir que mon caoutchouc est à La Rochelle et j’ai avisé le chef immédiatement afin qu’il me l’expédie sans tarder.

Je termine en vous embrassant tous bien affectueusement.

Jean-Paul

P.S. Merci infiniment pour le dernier colis. Je crois avoir oublié de vous en remercier.

Mercredi, le 16 janvier 1918

Fontainebleau3

Ecole d’application artillerie de Fontainebleau (Source Gallica)

Fontainebleau, le 16 janvier 1918

Chers Oncle et Tante

Je suis heureux de vous apprendre que j’ai brillamment réussi mes examens d’entrée. J’espère que je sortirai aussi bien. Merci pour ta longue lettre, chère Tante. Je suis heureux d’apprendre que tout le monde va bien, y compris Georges et Jean. Ici le travail est moins dur car il a complètement dégelé ! Aux dernières écoles à feu, j’ai démoli en 4 coups l’objectif. C’est de la veine et un grand hasard.

Affectueusement à vous

Jean-Paul

Toujours pas reçu mon caoutchouc.

Le 13 janvier 1918

EcoleArtillerie

Insigne de l’école d’artillerie de Fontainebleau

Fontainebleau, le 13 janvier 1918

Chère Tante,

J’arrive enfin à t’écrire un peu plus longuement. En raison de cette malheureuse consigne pour la scarlatine nous avons perdu beaucoup de temps, étant donné que nous n’avons pas pu suivre nos instructions. Aussi cette semaine nous avons eu le double travail et en plus de cela la préparation de l’examen probatoire. Les examens ont fini hier et quoique nous ne sachions pas encore les résultats, je crois avoir réussi. Mes solutions sont justes ! Ce n’était pas trop difficile ! Néanmoins il y a beaucoup de mes camarades qui n’ont pas fait grand-chose !

Au reste nous avons beaucoup de travail. Je ne sais pas si je t’ai remercié pour le colis, chère Tante. As-tu reçu le chandail que j’ai expédié ?

J’ai de bonnes nouvelles de Charles qui comptait partir en Alsace avec sa batterie. Et Georges a-t-il rejoint son escadrille ? Dans quel région est-il ? Jean comment va-t-il ? J’espère que mes lignes vous trouveront tous en bonne santé.

Gros baisers à vous tous.

Jean-Paul

Le 10 janvier 1918

Fontainebleau1Fontainebleau, 10 janvier

Chers Oncle et Tante

Viens de recevoir votre colis et vous remercie. Les provisions m’ont fait bien plaisir ; surtout qu’elles ne sont pas superflues, rapport au travail intensif que nous fournissons ! Au reste le temps est détestable. Bien affectueusement à vous tous.

Votre dévoué neveu.

Jean-Paul

Le 6 janvier 1918

Fontainbleau2

Carte postale de Jean-Paul

Dimanche soir, le 6 janvier 1918

Chère Oncle et Tante,

Quoique consignés nous avons beaucoup de travail c’est assez pénible par ce froid de loup (-20°). Je n’ai pas encore pu expédier le paquet. Affectueusement, baisers à vous tous. Vous écrirai plus longuement un de ces jours.

Jean-Paul

Mercredi, le 2 janvier 1918 – Lettre

Carte_Bonne_année_1918Fontainebleau, le 2 janvier 1918

Cher Oncle et Tante.

Depuis mon arrivée ici, je n’ai pas encore pu vous écrire longuement. Je profite aujourd’hui de ce que nous soyons consignés pour un cas de scarlatine qui s’est déclaré dans notre chambre. Je profite, disais-je, du repos qui résulte de cette consigne pour vous donner des détails. Quoiqu’en six jours, il ne soit guère facile de vous donner mon opinion sur l’école ; il ressort des constatations que j’ai faites que tout ira pour le mieux. Mon séjour ici sera évidemment très dur en raison de la température. (Nous ne touchons en tout et pour tout que 10 malheureux morceaux de bois pour la journée). En sus de cela nous avons beaucoup de cours au dehors pendant lesquels il faut rester immobile ! Enfin il n’y en a que pour trois mois. J’espère supporter ce stage facilement ! On en a vu bien d’autres ! Au point de vue de la nourriture cela laisse à désirer !

 En ce qui concerne les cours j’espère bien réussir. Nous passons un premier examen d’ici huit jours !

Lundi Charles a déjeuné avec moi et le soir nous faisions le réveillon à Paris (j’avais pu obtenir une perme). Hier, mardi, nous passions la journée avec Georges qui avait l’intention de rejoindre son escadrille aujourd’hui. Dans l’après-midi nous rendions visite à M. et Mme Jung. Charles et moi, sommes enchantés d’avoir fait leur connaissance.

Je t’adresse, ma chère tante, par le même courrier mes affaires de toilettes ainsi qu’un chandail noir. Tu pourras expédier le paquet que je t’adresse, à Charles qui est d’accord avec moi. Je te remercie encore chère tante pour la trousse qui m’a fait bien plaisir. Joins s.t.p. au paquet que tu m’enverras mon savon à barbe que j’ai oublié.

Je termine chers Oncle et Tante en vous souhaitant une bonne et heureuse année qui espérons nous donnera la Victoire.

Affectueux baisers

Jean-Paul

Le 12 décembre 1917 – Fin des carnets

CarnetPour ma part, je suis convoqué à Fontainebleau le 27 courant et vais faire mes adieux au groupe le 12 devant aller en permission auparavant.

Ainsi s’achève le dernier carnet de Jean-Paul Hédrich (Malherbe) en notre possession.

Jean-Paul va intégrer l’école d’officier d’artillerie de Fontainebleau à la fin du mois et va continuer à écrire à sa famille de Lyon. Grâce à ces lettres nous allons pouvoir continuer à suivre les faits et gestes de Jean-Paul jusqu’à la fin de la guerre.

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CARNETS DE GUERRE

Carnet

Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

Mois après mois

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Page consacrée à Jean-Paul Hédrich sur le site européen des archives de la guerre de 14-18
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JPHM200814

Jean-Paul à Mulhouse en août 14

JPHsept14

Jean-Paul à Lyon en septembre 1914

JPH_Grenoble

Jean-Paul à Grenoble mars 1915

JPH118

Jean-Paul à la Rochelle février 1916

JP_mars18a

Jean-Paul en permission Lyon décembre 1917

JPHsLt

Jean-Paul Sous-Lieutenant en juillet 1918


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