Page d'archive 7

Le 5 septembre 1916

Canon105La canonnade continue de faire rage.

Le 4 septembre 1916

Ferme rougeNous attaquons au sud de la Somme et nous nous emparons de Sogécourt et Chilly. Le soir ma batterie reçoit l’ordre de déplacer les pièces pour les mettre en position dans les lignes boches au Sud de Maurepas entre la ferme rouge et la ligne de Combles à Péronne. La pluie tombe à torrent. Je fais atteler ma pièce, la plateforme et le chariot à agrès par mes conducteurs ; jusqu’à Curlu tout va bien. Nous nous engageons ensuite par la petite route de Maurepas. Une forte pente nous donne du fil à retordre. Mes chevaux sont très fatigués. Nous coupons la grande route de Maricourt à Cléry et arrivons au sommet d’un coteau d’où nous avons une vue sur la plaine qui est toute ravagée et dévastée. En face de nous à guère plus d’un kilomètre en haut d’une colline quelques pans de mur, les reste de Maurepas. Au pied de ce coteau il se trouve la ligne du chemin de fer des Combles à Péronne. C’est là à l’est de la ferme rouge qu’il s’agit de mettre en position. Toutes les difficultés se dressent devant nous. Les Boches font un feu nourri de 210. La route est encombrée. Nos chevaux s’enfoncent jusqu’aux boulets sur cette route boueuse et ravinée par les obus. Des chevaux tombent pêle-mêle au milieu au milieu des décombres, méconnaissables. La pluie tombe à torrent. En dépit de nos incidents nous arrivons avant la nuit à destination. Avec l’aide de mes conducteurs et de quelques servants nous mettons la pièce en batterie. A 10 heures nous revenons mais non sans encombres. La route est embouteillée et nous sommes obligés d’attendre des heures entières sous la pluie battante. Finalement nous sommes de retour vers 2 heures mouillés jusqu’aux os.

Le 3 septembre 1916

Canon105Nos troupes s’emparent de Cléry et de Forest, tandis que les Anglais prennent Guillement. La canonnade est effrayante.

Jeudi 24 août au mardi 29 août.

SaucisseRien d’important à signaler. Le temps persiste à être mauvais. Dans le courant de la semaine nous nous emparons de Maurepas. Le soir je suis témoin d’une catastrophe émouvante ! vers 4 heures subitement le ciel se couvrait de gros nuages. On sentait l’orage. L’obscurité s’épaississait. Tout à coup apparurent l’un après l’autre et lentement de grands éclairs informes. Le tonnerre grondait. Le vent commença à se lever. L’instant fut effroyable. Nous regardions avec anxiété nos saucisses qu’on descendait avec toute la peine du monde. C’était le déchaînement des monstres. Le vent soufflait en foudre. La pluie ne tombait pas, elle croulait. Pour comble de malheur le vent soufflait de l’ouest vers les Boches. L’orage allait croissant et malgré tous leurs efforts le personnel des compagnies d’aérostiers n’arrivait pas à descendre bien vite les saucisses. La tempête s’approchait de plus en plus avec une nouvelle troupe d’ouragans. Les rafales de vent s’acharnaient avec fureur sur trois de nos saucisses que nos sapeurs essayaient vainement de descendre à terre. Les coups de foudre se succédaient avec une sorte de régularité tragique. Les observateurs dans leur nacelle continuaient à signaler les mouvements de l’ennemie car nos fantassins venaient de se jeter à l’assaut des tranchées adverses. Ils devaient tout en accomplissant leur devoir écouter avec angoisse ces frappements de la mort. Comment empêcher à présent cette perturbation effrayante de se rapprocher de leur ballon ? Impuissants, on regardait ! L’orage atteignait son paroxysme. La tempête devint terrible. Le vent faisait l’effet d’un fou furieux. La chose redoutée se réalisa. Il y eut un terrible coup de foudre. L’une des saucisses flambait. Au même temps on vit un terrible parachute se détacher lentement tandis que le ballon tombait en flamme. L’observateur descendit peu à peu et atterri sain et sauf. Peu de temps après, tandis que l’ouragan battait toujours son plein une seconde saucisse était en feu. L’occupant de la nacelle garda son sang froid et se jeta dans le vide. Quelle minute angoissante ! Contre le délire des forces seule l’adresse peut lutter. L’adresse était le triomphe de l’observateur car grâce à sa présence d’esprit il évita que son parachute prenne également feu. Comme l’autre on le vit descendre lentement. Quant à la troisième de nos saucisses l’ouragan en eu également raison, rompant l’amarre. Nous n’avons pas pu distinguer si l’observateur s’en échappa comme ses collègues. J’allais omettre de mentionner l’intervention de la Roumanie dans le conflit à nos côtés.

Dimanche 20 août 1916

KodakJe fais beaucoup de photographies depuis que j’ai fait l’acquisition d’une cuve Kodak et réussis assez bien. Le temps de ces derniers jours ne s’y prête pas bien malheureusement.

Mardi 15 août 1916

GeorgesLutzius2

Georges Lutzius en avril 1916

Je me lève de bon matin pour profiter d’un fourgon qui va chercher du vin à Villers où je veux aller voir mon cousin*. Nous arrivons vers 8 heures. Le camp d’aviation de Cachy est à 3 km plus loin. Je trouve Georges* heureusement chez lui. Il a beaucoup grandi. Il me fait voir les différents appareils de chasse et d’observation de son groupe sans oublier son joli « coucou » avec lequel il fait de fréquentes sorties. Après un bon dîner au mess des pilotes, nous nous quittons. La rentrée se passe bien. Nous sommes malheureusement surpris par la pluie.

*Le cousin de Jean-Paul est Georges Jean Lutzius, né le 16 mars 1897 à Lyon. Fils de Georges Lutzius et de Jeanne Undenstock. il s’est engagé, le 15 juillet 1915, au 2ème groupe d’aviation comme élève pilote. Il a obtenu son brevet de pilote militaire le 18 mars 1916, son escadrille, la N 103 était basée sur le terrain de Cachy de juin à décembre 1916.

GeorgesLutzius1

Lundi le 14 août 1916

Rien de particulier sauf un temps très maussade. Les Boches nous bombardent activement.

Samedi, le 12 août 1916

Saucisse2La semaine a passé sans événement important. Les Russes font des progrès étonnants en Galicie. Les Italiens prennent Gouiza. L’armée de Salonique prend l’offensive également. Nous attaquons avec les Anglais et gagnons quelque peu de terrain. Le soir nous assistons à un accident peu banal. Un aéroplane coupe par mégarde l’amarre d’une de nos saucisses. Celle-ci est entraînée par le vent du côté des Boches. Nous voyons très bien descendre l’observateur en parachute, quant à l’aviateur il parait qu’il a pu atterrir sans grand mal.

Dimanche 6 août 1916

ChevalBoueJe vais changer une batterie de 220 de position. Je suis le seul gradé aussi la responsabilité est grande. Je fais atteler les 4 pièces dans le ravin de Vaux. Entre Eclusier et Vaux nous sommes sonnés par les Boches. Enfin tout se passe bien jusqu’au moulin de Fargny. D’abord nous passons près de 2 heures à attendre que l’on puisse avancer tant l’encombrement est grand. Nous tournons ensuite à gauche vers Maricourt. La 1ère pièce reste embourbée dans un trou d’obus. Avec 10 chevaux nous arrivons à la sortir. Tout se passe bien. Nous rentrons à 1 heure.

Samedi 5 août 1916

Canon155c1Dès 4 heures les attelages se mettent en route pour aller changer les pièces de position. Cette nouvelle position est située à environ 2 km au nord de la première, dans la boucle que forme à cet endroit la Somme.

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CARNETS DE GUERRE

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Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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