Page d'archive 7

Paris, le dimanche 10 mars 1918

MandatBien cher Oncle,

Merci de tout cœur pour ta gentille lettre et le mandat reçu hier soir. Je t’écris ces quelques lignes pour t’en accuser réception.

J’ai été surpris d’apprendre que Jean avait été réformé et j’espère que cela ne lui fait pas trop de peine ! C’est un fâcheux contre temps surtout qu’il était à la veille de rentrer à Bleau. D’autre part j’ai été heureux d’apprendre que la foire battait son plein à Lyon et que le beau temps vous favorisait.  Ici le beau temps s’était également remis au beau !

Aujourd’hui je passe ma journée à Paris. Cela change un peu avec l’école de Bleau. Je termine, cher Oncle, en te priant d’excuser mon écriture car j’ai une plume détestable. Gros baisers à tante Jeanne qui j’espère est remise de sa grippe ainsi qu’à Emma et Paul.

Ton dévoué neveu qui t’embrasse.

Jean-Paul

P.S. Paul a-t-il développé les photos prises lors de notre dernière perme ?

 

Le 5 mars 1918

TailleurFontainebleau,

 Bien cher Oncle,

Le bruit circule depuis hier que notre sortie a été avancée d’une dizaine de jours. On sortirait parait-il le 20 cr. Je m’empresse de t’écrire ces quelques lignes pour te prévenir afin que tu puisses m’envoyer d’ici-là les 300 francs qui me sont nécessaire pour m’équiper. Dès hier j’ai commandé ma tenue ici à Bleau chez un tailleur qui fait très bien. Il me la livrera pour la fin de la semaine aussi je préfère lui payer cela comptant. D’autre part j’ai préféré m’y prendre à temps car il doit sortir 2 promotions d’ici 15 jours, 3 semaines ; aussi je crains qu’il soit surchargé de travail à ce moment-là et qu’il refuse les dernières commandes. Mieux vaut par conséquent être prévoyant ! Il fait un temps détestable depuis quelques jours. Il neige et il fait un froid de loup. Le sol étant gelé, je crois que cette neige restera quelque temps, aussi la perspective n’a rien de réjouissante !

Je termine, cher Oncle, en te chargeant de gros baisers pour toute la famille et en te remerciant d’avance pour ce que je te demande. Ton dévoué neveu qui t’embrasse bien fort.

Jean-Paul

Samedi soir, le 3 mars 1918

Canon155mars2018

Photo de Jean-Paul

Samedi soir,

Bien chère Tante

Merci de tout cœur pour ta longue lettre du 26 février me donnant tant de détails sur Mulhouse. C’est vraiment navrant que cette lettre se soit perdue ! Enfin l’essentiel c’est que nous sachions les chers nôtres en bonne santé. Pourvu que rien ne les oblige à quitter ! Ici à Bleau, le travail commence à être un peu moins abondant ! Nous terminons nos compositions la semaine prochaine et les derniers quinze jours passeront vite. Nous sortons sans doute le 28 cr. J’espère que Jean réussira à venir ici. A-t-il passé une visite médicale ? Je termine chère Tante, en te chargeant de gros baisers pour tout le monde et soit toi-même affectueusement embrassée.

Jean-Paul

Merci de tout cœur pour les colis contenant les Fasnachtsküchle !!!

Le 1er mars 1918

50FrancsBien cher Oncle,

Un mot pour t’accuser réception de 2 mandats de 50 frs reçus rien qu’aujourd’hui, bien qu’ils soient partis vendredi dernier ! Dés que j’aurai besoin de galette pour mon équipement je t’écrirai. Je compte faire faire ma tenue ici chez un tailleur ! Je t’écrirai plus longuement sous peu. Pour le moment très occupé. Avons quatre compositions demain !

Affectueux baisers à tous.

Jean-Paul

Le 23 février 1918

Fontainbleau2Fontainebleau, le 23 février 1918

J’ai reçu ce matin ta gentille carte-lettre dans laquelle tu me parles d’une lettre de Maman. J’ai été fort surpris car j’ignorai complètement que vous aviez reçu des nouvelles de mes pauvres parents ! Cette lettre a certainement dû se perdre, c’est bien fâcheux et je suis curieux de savoir ce que Maman disait dans cette missive !?

Je crois d’ailleurs me rappeler que Tante Emma faisait allusion des nouvelles de Mulhouse dans une de ses dernières cartes mais je me figurais qu’il était question de la carte de Maman datant du 31 décembre !

Ici toujours énormément de travail, aussi j’ai dû renoncer d’aller à Paris ce soir quoique je fus invité à déjeuner chez la sœur de Roger Pfenninger demain. Enfin il n’y en a heureusement plus que pour quatre semaines. Je souhaite de tout mon cœur que ces dernières semaines passent très vite et inaperçues.

Edouard commence à s’acclimater au régime de l’école et a eu plus de chance que moi en ce qui concerne ses instructeurs !

J’ai été heureux d’apprendre que Georges avait passé une bonne permission ; quant à Jean j’espère qu’il sera maintenu dans le service armé.

Je vous embrasse tous bien affectueusement et vous remercie encore pour le dernier paquet reçu ces jours-ci.

Bien à vous.

Jean-Paul

Le 18 février 1918

BilletFontainebleau,

 Chers Oncle et Tante,

 Comme je le comptais, Edouard est venu me rejoindre à Fontainebleau aujourd’hui. Il est heureux d’être enfin à l’école et a la veine d’avoir son cousin, le capitaine Schmerber, comme capitaine chargé de l’intervention du groupement dont fait partie sa brigade. Inutile de vous dire que c’est un point énorme et qu’il est certain d’être considéré dès le début !

Notre groupe est paraît-il toujours au repos ! Ici toujours beaucoup de travail mais enfin il n’y en a plus que pour un mois car il est fortement question de quitter l’école avant le 25 mars ! Il va falloir que je songe à m’équiper pour ne pas tomber au dépourvu les derniers jours. Je compte faire faire ma tenue à Fontainebleau même ! En ce qui concerne toutes ces questions-là, chers Oncle, je te demanderai de m’avancer la somme nécessaire d’ici quelque temps. En attendant, puisque nous en sommes à la question pécuniaire, il me faudrait une centaine de francs. Je te remercie d’avance, cher Oncle, et te préviendrai quand il me faudra le reste !

Tante Jeanne me disait dans sa dernière lettre que Georges ne devait pas tarder de venir en permission, aussi j’espère qu’à l’arrivée de ma lettre il sera des vôtres !

Quant à Charles, ses nouvelles sont de plus en plus clairsemées. Il faut croire qu’il doit être très occupé !

Je termine chers Oncle et Tante, en vous embrassant bien fort ainsi qu’Emma et Paul.

Bien affectueusement à vous.

Jean-Paul

P.S. Paul a-t-il fait développer les photos ?

Dimanche 17 février 1918

Carte_Postale_19180217Paris, le 17 février 18

Chers Oncle et Tante

Je vous adresse ces quelques lignes de la capitale où je passe ma journée. J’ai déjeuné chez Mr et Madame Gency. Demain je pense voir Edouard à Bleau et lui donnerai tous les tuyaux nécessaires à l’école.

Affectueux baisers

Jean-Paul

CartePostale19180217(2)

Lundi 11 février 1918

Fontainbleau2Fontainebleau, le 11 février 1918

Bien chère Tante,

Je profite d’un moment de loisir pour t’adresser ces quelques lignes et te remercier du dernier colis, contenant les cervelas, le chocolat et le biscuit. Tout cela m’est arrivé en parfait état.

Hier dimanche, j’ai déjeuné chez Mr Geiger qui m’a raconté un tas de choses intéressantes. Son mari est en tournée de conférences. Elle a de bonnes nouvelles de Paul. Quant à Friquette et à René, elle les croit les deux en bonne santé ! J’ai également vu Madame Chevy et sa fille, ainsi que la sœur de Roby Phenninger !

Et ce matin nous nous sommes mis au travail à nouveau pour six jours. Voilà déjà la moitié de la session de passé, l’autre moitié passera vite ! Je suis heureux d’apprendre que Jean pense venir à Bleau sous peu et suis à son entière disposition pour lui donner tous les tuyaux nécessaires ! Quant à Georges il fait bien de venir passer quelques jours à l’arrière avant le grand coup qui se prépare !

J’ai de bonnes nouvelles de Charles qui me dit être fort occupé par la construction et l’organisation de sa nouvelle position !

Je termine, chère Tante, en te chargeant de gros baisers pour oncle Georges, Emma et Paul. Sois toi-même affectueusement embrassé de ton dévoué neveu qui t’aime bien.

Jean-Paul

P.S. Sais-tu si Paul a fait développer les photos qu’ils avaient prises pendant notre permission ? Si oui il serait bien aimable de me les envoyer.

Le 6 février 1918

Fontainebleau1Chère Tante

Un mot pour te donner signe de vie et t’accuser réception du dernier colis, contenant le pâté et le chocolat. Merci pour tout cela ! Ici toujours beaucoup de travail. Pas une minute à nous ! Beaucoup d’exercices physiques surtout. Edouard m’a prévenu qu’il vient me rejoindre le 18 courant. Je vous embrasse très affectueusement

Jean-Paul

Le 31 janvier 1918

Lettre19180131Fontainebleau, le 31 janvier 1918

Un mot pour te dire que je suis toujours en excellente santé. Toujours beaucoup de travail. Beaucoup d’instructions extérieures ! De 6 heures du matin à 6 heures du soir pas un instant de répit et le soir on est obligé de revoir les cours pour se tenir au courant. Aujourd’hui nous avons eu une composition de balistique que j’ai bien réussi. J’ai enfin reçu mon caoutchouc. Il n’est pas trop tôt. Il est resté en route exactement 3 mois 1/2 . J’en suis bien content. Bien affectueusement.

Gros baisers.

Jean-Paul

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CARNETS DE GUERRE

Carnet

Jean-Paul HEDRICH, né en Alsace allemande à l'époque, s'est engagé à 17 ans dans l'Armée française. Il a alors pris le pseudonyme de MALHERBE. Tout au long de la guerre de 14-18 il tient son journal dans de petits carnets. 100 ans après ses carnets et ses lettres sont retranscris au jour le jour sur ce blog.

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Jean-Paul à Lyon en septembre 1914

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Jean-Paul à Grenoble mars 1915

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Jean-Paul à la Rochelle février 1916

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Jean-Paul en permission Lyon décembre 1917

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Jean-Paul Sous-Lieutenant en juillet 1918


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